Parfois, il vaut mieux se taire

Vingt ans après sa mort, nous rendons hommage à Jacques Chaban-Delmas, résistant, homme d’Etat visionnaire, Maire de Bordeaux bâtisseur. L’empreinte qu’il laisse sur notre ville est encore profonde et visible.

Dans ce concert unanime d’hommages rendus de l’Assemblée Nationale jusqu’à Ascain, un seul fait tâche, celui du Maire écologiste de Bordeaux qui a twitté : « Hommage à Jacques Chaban-Delmas mort ce jour il y a 20 ans. Il a marqué l’histoire : celle de la Résistance, celle de la France, celle de Bordeaux où il a régné 48 ans. Aujourd’hui, les citoyens veulent des maires à plein-temps, qui ne cumulent plus ni dans le temps ni dans l’instant ».

« Déplacé », « indigne », « honteux », « misérable »… les réactions sont unanimes sur la toile : personne ne comprend cette pique stupide à l’égard d’un si grand homme. Pour ma part, je ne pensais pas cela possible, jusqu’à hier soir.

Comment le Maire de Bordeaux peut-il décemment se comparer à « Chaban » ?

Plus grave : comment peut-il comparer des époques incomparables où la question du cumul des mandats n’existait pas ? Et puis Pierre Hurmic n’est-il pas élu « dans le temps », depuis 25 ans ?

Quelle sorte d’homme politique en tacle un autre, disparu il y a 20 ans, le jour de l’anniversaire de sa mort ?

Pourquoi diviser ainsi nos concitoyens alors que nous traversons une période si difficile ? Nous avons besoin d’esprit de rassemblement, comme Chaban savait si bien faire, et non d’une nouvelle polémique.

Outre la colère que cette réaction déplacée génère chez beaucoup d’entre nous, elle nous révèle que l’éternel opposant écologiste n’a toujours pas fait sa mue et qu’il préfère la polémique à l’apaisement.

Rien n’autorisait le Maire de Bordeaux à tenir de tels propos. J’ai honte.

L’encadrement des loyers : une fausse bonne idée

C’est le professeur d’économie Assar Lindbeck qui a dit : « Le contrôle des loyers est le moyen le plus efficace de détruire une ville, avec le bombardement ». Son jugement est radical mais étayé, scientifiquement, et surtout il se fonde sur une réalité historique : en France, la précédente expérience d’encadrement des loyers a duré de 1914 à 1948. Les conséquences sur le marché locatif et sur l’offre de logements furent catastrophiques avec notamment un effondrement de la production.

L’histoire va-t-elle se répéter à Bordeaux ?

L’encadrement des loyers est une fausse bonne idée qui ne résoudra pas les difficultés de français pour trouver un logement abordable.

Oui, le poids du loyer est trop important pour certaines familles. Mais les loyers sont déjà encadrés ! Selon l’A’urba, entre 2015 et 2018, les loyers n’ont augmenté que de 0,6% par an sur la métropole bordelaise car leur révision annuelle est calculée à partir de l’indice de référence du logement (IRL). Ce dernier est lui-même calculé sur la base de l’inflation laquelle est très basse en ce moment. Par ailleurs, l’encadrement des loyers à la relocation s’applique : le loyer du nouveau locataire ne peut excéder celui du précédent.

De plus, toute mesure d’encadrement des loyers sera contournée, difficilement applicable et pire, elle n’a pas prouvé son efficacité.

D’abord, certains logements ne seront pas soumis à l’encadrement des loyers : ceux faisant l’objet d’une première location et ceux inoccupés depuis plus de 18 mois. Ensuite, une autre façon légale d’éviter l’encadrement est de choisir la location meublée avec des plafonds de loyer supérieurs de 10 à 15%.

Par ailleurs, la loi permet de s’affranchir de la règle de l’encadrement grâce au fameux « complément de loyer ». Sans que rien ne dise, dans les textes, comment il est calculé. Donc vous estimez vous-même si votre logement justifie un « sur-loyer » :  un balcon, la présence d’une station de tram proche, une cuisine américaine ou un appartement exceptionnellement lumineux… une faille majeure qui amènera de graves dérives

Cette mesure sera ensuite difficile à faire appliquer par le manque de moyen de contrôle : à Paris, les loyers ont certes baissé de 2,6 points au second semestre 2019. Cette évolution résulte de la peur du contrôle. Mais les loyers sont repartis à la hausse: + 1,6 % de janvier à mai 2020. Les propriétaires se sont rendu compte qu’il n’y avait pas de police des loyers… Le dispositif de sanctions repose uniquement sur les signalements par les locataires.

Justement, en cas de conflit, seul le locataire, une fois le bail signé, peut attaquer le propriétaire. Très difficile pour les autorités de se saisir d’un dossier sur la base d’une simple annonce. Imaginez donc : vous cherchez un appartement pendant des semaines, vous signez le bail… et vous attaquez votre propriétaire ? C’est peu probable. Selon mes informations, seulement 21 locataires, depuis le 1er juillet, ont saisi la commission départementale de conciliation à Paris…

Enfin, c’est une mesure qui n’a pas prouvé son efficacité à Paris justement. Depuis le 1er juillet 2019, la capitale à (re)lancer l’encadrement des loyers. Or, 15 mois plus tard, ce dispositif n’a pas totalement prouvé son efficacité. Les loyers ont-ils ralenti comme promis ? Oui, mais seulement durant les six mois qui ont suivi l’entrée en vigueur du dispositif, selon une étude de Meilleurs Agents et du Figaro. SeLoger.com a constaté, de son côté, des prix à la baisse à partir de juillet 2019. Mais cette baisse est identique à l’an passé, sans l’encadrement. C’est un effet saisonnier et non une tendance générale. Leboncoin, leader des annonces de particuliers, assure ne pas observer « de baisse significative sur les loyers parisiens depuis juillet ».

Et pour cause : actuellement à Paris, on estime qu’un logement sur deux seulement respecte la loi. Parmi les propriétaires ne respectant pas l’encadrement, tous ne sont pas des fraudeurs !  Certains n’ont pas le choix et doivent augmenter leur loyer pour ne pas perdre de l’argent, du fait de la “faible” rentabilité (ce n’est pas un gros mot !) actuellement à Paris.

En résumé, on peut s’attendre avec cette mesure, au mieux, à un effet très limité, au pire à une mesure-gadget qui produira des effets pervers attestés partout où elle a été mise en œuvre.

En effet, l’immobilier locatif a besoin d’être encouragé pour continuer à séduire. Or, la fixation administrative des loyers, en faisant fuir les petits propriétaires, est une catastrophe pour le marché locatif privé qui ne pourra plus assurer son rôle de premier bailleur de France.

La baisse des rendements locatifs résultant du plafonnement des loyers pourrait inciter certains bailleurs à limiter l’entretien de leur patrimoine. Pire, cela pourrait ralentir l’effort nécessaire pour isoler les logements et favoriser l’étalement urbain car les investisseurs iront bâtir aux portes de la métropole. Quel paradoxe !

En réalité, vouloir maîtriser les loyers suppose une analyse multifactorielle dans laquelle la question de l’encadrement, déjà existant, n’est qu’un des aspects du problème.

La politique du logement mérite une vraie vision et non une mesure d’affichage, très politique et sans efficacité réelle prouvée. Cette annonce dirigiste ne permettra pas, à elle seule, d’aider les plus modestes si, en parallèle, la construction de logement n’est pas réellement soutenue.

Ce que nous devons craindre, demain, ce n’est plus tant la hausse des loyers, c’est la pénurie de logement.

Signes avant-coureurs de renoncements ?

« Ecrire, c’est agir. » répétait souvent François Mauriac. Tout au long de sa vie, il ne cessa jamais d’utiliser sa plume pour dénoncer les errements du monde qui l’entourait. Depuis plus de 12 ans, j’ai préféré l’action au stylo, profitant de la chance qui m’était donnée d’être élu local, membre d’un exécutif, c’est-à-dire capable d’agir concrètement et rapidement pour améliorer la vie quotidienne et embellir Bordeaux. Ce temps est révolu, ou presque, car dans l’opposition municipale, on ne peut plus agir ; et c’est la plume qu’il faut manier pour se faire entendre et espérer influer sur des décisions prises par d’autres.

Passer d’un rôle d’acteur à celui de spectateur, même engagé, n’est pas chose facile. En premier lieu parce que mon tempérament me porte plus naturellement vers les réalisations concrètes ; ensuite car les premiers pas de la nouvelle équipe municipale sont si dogmatiques et imprécis que déjà se tournent vers nous des citoyens déçus (et parfois abstentionnistes…) qui attendent que nous agissions pour contrer cette politique susceptible d’abîmer Bordeaux. Enfin, car personne de sincère ne peut décemment supporter de voir son travail remis en cause sans raison valable autre que celle de faire table-rase du passé.

C’est donc par l’écriture que je manifeste aujourd’hui mon étonnement face aux signes avant-coureurs de renoncements que nous percevons dans les premières déclarations et décisions du Maire écologiste de Bordeaux, Pierre Hurmic. Bien sûr, il est trop tôt, beaucoup trop tôt, pour tirer un bilan définitif de l’action de la nouvelle municipalité.

Pourtant, depuis 2 mois, le premier magistrat multiplie les déclarations approximatives et contraires à son programme de campagne. Il est, à l’évidence, rattrapé par la « réalpolitique » sur différents sujets qui constituaient pourtant des promesses majeures et assez emblématiques de son programme. Voici trois exemples révélateurs :

-en juin 2020, le programme du candidat écologiste annonce sans détour qu’il « mettr[a] fin au contrat de partenariat public-privé et [qu’il] revendr[a] le stade Matmut. » ; en juillet, à peine un mois après, le candidat devenu Maire déclare à propos de la vente du stade dans un interview pour Sud Ouest :  « je veux la faire étudier » ; en août 2020 sur France 3 : « il ne faut pas que ça coûte plus cher à la collectivité sinon je renoncerai. ». Par définition, lorsque l’on décide de rompre unilatéralement un contrat, cela coûte cher ! On passe donc d’une promesse de vente catégorique -et assez démagogique- à une simple « étude » dont il n’est pas très difficile de prédire l’issue puisque le coût de rupture du contrat est inscrit dans le Partenariat Public Privé, environ 80 millions d’€. Je prends les paris : d’ici quelques mois, on nous expliquera que la collectivité ne peut débourser une telle somme -ce qui sera vrai- et que le contrat doit être conservé, avec quelques aménagements pour faire bonne figure et faire passer la pilule. Acte 1.

-conformément à son programme et dès le lendemain de son élection, le nouveau Maire annonce un « moratoire sur les grands programmes immobiliers ». Puis, en septembre, on ne parle plus de tout stopper mais plutôt d’une « réorientation » en matière d’urbanisme ce qui n’a pas échappé aux journalistes : « Depuis le terme moratoire semble avoir disparu de son vocabulaire, il parle désormais de réorientation. ». Là encore, souvenons-nous des virulentes saillies du candidat vert qui, pendant la campagne, n’avait pas de mots assez forts pour dénoncer le « bétonnage » dans les nouveaux quartiers. Les premières critiques sur ce sujet sont venues de Philippe Barre, patron de Darwin et militant écologiste qui ne décolère pas. Acte 2.

-enfin, et je cite toujours le candidat : « à la démocratie intermittente, ponctuée par des élections tous les 6 ans, nous voulons substituer une démocratie permanente ». Là encore, les premières décisions du Maire sont prises sans concertation, comme l’illustrent le refus d’accueillir la maison nationale du dessin de presse, la suppression du sapin de Noël ou bien encore la mise en sens unique du cours de la Somme entre la place de la Victoire et la place Nansouty. Sur ce dernier sujet, les habitants sont invités à se prononcer…dans 9 mois, après la mise en œuvre de ce changement important et déjà contesté… Par ailleurs, si pendant la crise sanitaire notre majorité proposait régulièrement à l’opposition des temps de dialogue républicain, le nouveau Maire n’a jamais pris la peine d’informer son opposition de l’évolution de la crise sanitaire. Nous sommes totalement tenus à l’écart, malgré la légitimité du suffrage universel. Acte 3.

Vous pourriez me répondre que tout cela n’est pas très important, pour le moment, et que je devrais me réjouir que le Maire revienne à la raison sur la question du stade et de l’urbanisme. Et sur le fond vous auriez raison. Mais sur la forme, quel pied de nez fait à la démocratie si ces renoncements venaient à se confirmer ! A n’en pas douter, la confiance des habitants envers leurs représentants serait encore affaiblie…

Vouloir préserver la planète ne donne pas un blanc-seing éthique. Sans doute suis-je « vieux monde », mais je crois que les élus, écologistes ou non, doivent tenir ce qu’ils promettent.

Pour Pierre Hurmic, la com’ et l’idéologie passent avant les vrais sujets

Le nouveau Maire de Bordeaux a tenu sa conférence de presse de rentrée pour faire l’annonce de ses premières mesures et au passage faire taire le sentiment montant d’inaction ; sentiment partiellement injuste compte-tenu de sa récente élection.

Hélas, le moins que l’on puisse dire, c’est que le compte n’y est pas : pas mot pour le monde de la culture et du spectacle (en grande souffrance), pas un mot sur les solidarités, pas un mot à l’attention de nos grands secteurs économiques (viticulture, aéronautique, événementiel…) en proie à d’importante difficultés…

J’ajoute que contrairement à sa promesse d’une « démocratie permanente », les membres du Conseil Municipal n’ont pas été informés de la situation sanitaire ou sécuritaire depuis son élection !

De cette conférence de presse, je retiens 3 faits marquants :

-tout d’abord, la faiblesse des annonces en matière de sécurité, LE sujet prioritaire aujourd’hui à Bordeaux : refus accroître la vidéoprotection, refus de débattre de l’armement de la Police Municipale… Pierre Hurmic est plus à l’aise pour nous dire ce qu’il ne va pas faire que ce qu’il va faire pour notre sécurité. Et les quelques mesures annoncées ont été initiées en 2019 : « création » de la brigade VTT (elle existe) ou de la brigade canine, recrutement de policiers municipaux supplémentaires… Clairement, la réponse politique n’est pas à la hauteur de la dégradation continue du contexte sécuritaire à Bordeaux, singulièrement depuis le déconfinement. Sortons de l’angélisme !

-ensuite, le nouveau Maire fait de la « récup » et annonce des mesures qui correspondent à des décisions actées par notre équipe avant son élection : végétalisation de la place Pey Berland, nouvelles pistes cyclables sur les boulevards (notamment), espaces de stationnement sécurisés pour les vélos, charte de l’arbre…

-enfin, sans doute en accord avec ses collègues maires écologistes, une forme de dogmatisme le conduit à prendre des décisions clivantes, inutiles et tristes, comme la suppression du sapin de Noël des Bordelaises et des Bordelais, place Pey Berland, remplacé par un spectacle vivant au motif qu’il est « un arbre mort »… Et bien évidement, ce coup de com’ est l’arbre qui cache la forêt des vrais problèmes de notre ville.

Cette dernière décision est absurde pour 3 raisons : d’abord, c’est une entorse à la traditionnelle magie de Noël ; ensuite, elle abîme l’image de Bordeaux privant de nombreuses familles venues de toute la Gironde d’un moment féerique et populaire ; enfin, elle se fonde sur un argument absurde : les « arbres morts » (!!!), autrement dit « du bois », sont présents dans notre quotidien et représentent par ailleurs un secteur économique majeur dans notre région. Les forêts dont sont issus ces sapins son gérées durablement.

Si défendre la présence d’un sapin à Noël apparaît comme une position « vieux monde », alors j’assume complètement ! Vous pouvez d’ailleurs vous mobiliser avec moi pour le retour du sapin en signant cette pétition.

Je ne suspecte par Pierre Hurmic de vouloir attaquer une tradition religieuse car je connais ses convictions en la matière. Mais je regrette qu’il amalgame l’idéologie prônée par certains de ses soutiens avec l’intérêt général des Bordelaises et des Bordelais*.

Bref, le costume de Maire paraît bien grand pour l’homme que j’ai entendu faire sa rentrée.

* Rien ne remplace le sapin de Noël ! Mais sur ce sujet, je ferai une contre-proposition constructive qui relève du bon sens : je ne m’oppose pas à la tenue de nouvelles animations de Noël bien évidemment mais cela n’empêche en rien la présence du sapin, sous une forme naturelle ou plus moderne (par exemple, une installation métallique figurative comme il en existe dans d’autres villes).

 

 

Regarder devant

L’été est pour moi un moment de repos suspendu « hors du temps » dont j’espère que vous avez tous pleinement profité. Cette année, la pause estivale fut particulièrement salvatrice pour moi. Après cette élection au calendrier unique dans l’histoire politique, la gestion de la crise COVID-19 et pour finir la défaite, j’avais besoin de repos.

Faible participation, « vague » verte, crise sanitaire, candidature LREM au 1er tour et alliance ratée entre les deux tours, les erreurs que nous avons commises…etc… Bref, à posteriori les raisons de la défaite sont nombreuses et connues, elles forment un « cocktail » dans lequel chaque ingrédient pèse plus ou moins, selon les analyses et les analystes, mais le résultat est le même. Je crois avoir analysé toutes ces raisons, sans pour autant qu’il soit nécessaire d’y revenir sans cesse. Dorénavant, il faut regarder devant.

J’aborde cette rentrée avec sérénité et fort d’une énergie retrouvée. J’ai mis à profit les moments de repos pour penser à l’avenir, plus ou moins lointain, et plus particulièrement à ce qu’il convenait d’organiser pour réussir ce nouveau mandat dans l’opposition. Et bien sur, j’aurai besoin de vous, nous allons prendre le temps de nous organiser dans les mois qui viennent.

Durant 6 ans, je compte jouer pleinement mon rôle de Conseiller Municipal et Métropolitain de Bordeaux pour faire entendre la voix des électeurs qui nous ont fait confiance. Je siégerai dans l’opposition mais je souhaite porter une parole constructive et collective. Ma nature modérée perdure.

Il convient tout d’abord de faire un constat : malgré le contexte singulier qui a porté Pierre Hurmic à la Mairie, il est légitime. Nous devons accepter l’alternance si nous voulons être une alternative en 2026.

Bien évidemment, les premiers pas de la nouvelle équipe me laissent pantois… Mais le temps de la critique n’est pas complètement venu. Cependant, trois tendances m’interpellent particulièrement :

-en France d’abord, la naissance d’une « pensée unique verte », contre laquelle il serait impossible d’aller au motif que la sauvegarde de la planète ne se discute pas. De mon point de vue, cela représente un rétrécissement de la pensée que je n’accepterai jamais. Car, si la préservation de l’environnement est un objectif qui doit faire consensus, il n’est pas le seul et les solutions pour y parvenir relèvent pleinement du débat public au sein duquel le pluralisme politique doit s’exprimer ;

-à Bordeaux ensuite, le renforcement d’une fracture territoriale et sociale entre les personnes et les quartiers, amplifiée par la faible participation aux élections municipales. Je m’inquiète de constater que ni les classes et quartiers populaires, d’habitude prompts à voter à gauche, ni les catégories sociales les plus aisées ne se reconnaissent dans l’écologisme municipal. La partie « médiane » de la population peut-elle décider contre le reste de la ville ? Gouverner, c’est d’abord savoir rassembler.

-enfin, je note que sur de nombreux sujets, Pierre Hurmic est rattrapé par la réalité, si bien que ses promesses de campagne semblent éloignées de ses premiers actes : le retour des arbres en pots tant critiqué par le candidat Pierre Hurmic en 2019, une surprenante coupe d’arbres au Grand Parc, les inquiétudes de Darwin, la progression de l’insécurité…

Deux sujets majeurs doivent faire l’objet d’un débat de fond en cette rentrée : d’une part la mise en œuvre concrète des mesures de soutien à notre économie locale en grande difficulté face à la crise et d’autre part la dégradation continue du contexte sécuritaire à Bordeaux. Sur ce dernier point, comme l’a proposé mon collègue Thomas Cazenave, je réclame la tenue d’un Conseil Municipal exceptionnel.

Je vous souhaite une bonne reprise à toutes et tous !

Face au COVID-19, Bordeaux se mobilise

Devant la crise sanitaire grave que traverse la France, la mairie de Bordeaux reste mobilisée au quotidien pour garantir la continuité de service public, protéger et sensibiliser les habitants.

De nombreuses mesures fortes ont déjà été prises sur quatre axes :

1.Protéger et informer la population

2.Organiser la solidarité, à l’attention notamment des plus fragiles

3.Assurer la continuité des services publics

4. Soutenir l’économie et préparer la relance.

Chaque jour avec les services de la Ville, de nouvelles actions sont entreprises.

1/ Protéger et informer la population

– Présence terrain de la Police Municipale et de médiateurs déployés pour rappeler les consignes de l’État et les gestes barrières. Si la ville reste calme, le maire souligne toutefois une hausse des regroupements de marginaux dans certains quartiers ou d’actes de délinquance, ainsi que des tapages nocturnes trop fréquents. Il appelle les Bordelais au respect des règles et souligne l’esprit civique de la majorité d’entre eux. Un arrêté préfectoral interdit l’ouverture des commerces autorisés après 21h, pour éviter les regroupements à la nuit tombée.

– 495 appels reçus en une journée au standard de la mairie de Bordeaux (standard général assuré 24h/24 et 7j/7 au 05 56 10 20 30).

– Mise en ligne d’une foire aux questions sur bordeaux.fr.

– Nouvelle opération municipale d’impression de l’autorisation de déplacement et distribution dans les boulangeries.

2/ Organiser la solidarité, notamment à l’attention des plus fragiles

– Plus de 1 900 bénévoles sont désormais inscrits sur la plateforme municipale de mise en relation jeparticipe.bordeaux.fr qui recense des offres de services et les besoins des particuliers (garde d’enfants, courses, aide aux devoirs, etc.). Très minoritaires, les Bordelais en demande d’aide sont invités à se faire connaitre.

– La Plateforme Autonomie Seniors (0 800 62 58 85) reste en contact quotidien avec plus de 1000 personnes isolées.

– Impact psychologique d’un confinement au-delà de 10 jours : l’hôpital Charles Perrens met en place une assistance téléphonique au 0800 71 08 90 ; l’association SOS Amitié est également mobilisée au 05 56 44 22 22.

– Le service de portage de repas au domicile des plus vulnérables a encore été élargi (1 800 repas livrés chaque jour par la Ville, contre 600 habituellement).

– Garantie des services aux résidents grâce au redéploiement d’agents dans les résidences autonomie seniors.

– Accueil d’une centaine d’enfants du personnel soignant et de santé sans moyen de garde alternatif (sur justificatifs) dans 8 écoles et 4 crèches. Le dispositif est élargi au samedi et dimanche avec l’ouverture d’une école.

– 60 places d’hébergement pour les sans domicile ont ouvert dans une auberge de jeunesse mise à disposition par la mairie de Bordeaux et gérée par le CAIO.

– Soutien aux associations partenaires de la Ville : aucune ne déclinera du fait de la crise sanitaire.

3/ Assurer la continuité des services publics

– 100% des tournées de collecte des ordures sont maintenues à Bordeaux. En revanche, les déchetteries sont fermées et les déchets verts non collectés. Il est demandé aux habitants qui en produisent de les conserver et de ne pas les brûler. La collecte de verre est aussi interrompue.

– Maintien de la salubrité de la ville (collecte déchets hors bacs, dépôts sauvages, nettoyage sanitaires publics, etc.).

– Environ 3 700 agents du service public sont au travail (45% à Bordeaux Métropole, 30% à la mairie).

– Gratuité des transports publics pour les soignants pendant l’état d’urgence sanitaire et dispositif de transport à la demande.

– Stationnement gratuit : les abonnements payants seront prolongés de la durée du confinement, sans coût supplémentaire pour les usagers.

– Les services municipaux de l’état civil ne délivrent que les actes indispensables, naissances et décès, à l’hôtel de ville uniquement. Les célébrations de mariages et de PACS sont suspendues, sauf exception sous réserve de l’accord du Procureur.

– Accueil social assuré par le CCAS à l’hôtel de ville, notamment pour les secours d’urgence.

– Conformément aux consignes de l’État, la Ville interdit les marchés de plein air. Le marché couvert des Capucins reste ouvert avec limitation d’accès, comme celui des Grands Hommes. Le commerce alimentaire des Halles de Bacalan reste également ouvert le matin avec un strict contrôle d’accès.

– Lieu proposé par la Ville pour un « drive fermier » de la Chambre d’agriculture.

– Continuité culturelle : opération 1 jour / 1 œuvre sur bordeaux.fr. Renforcement de l’offre numérique des musées et bibliothèques de la Ville

4/ Soutenir l’économie et préparer la relance

– L’opérateur InCité a reporté les échéances de ses locataires commerçants (loyers et charges) jusqu’à nouvel ordre.

– Gratuité du stationnement de surface.

– Exonération des droits de terrasse et des taxes d’occupation du domaine public et de publicité.

– Échelonnement de la perception de la taxe de séjour, pour permettre le soulagement de la trésorerie des acteurs économiques notamment dans la filière du tourisme.

– Message de soutien à tous les adhérents de l’Office de Tourisme et travail de partage des informations et de création d’indicateurs.

– Souplesse dans l’application des pénalités de retard sur les marchés publics.

– Suspension des loyers dans les pépinières d’entreprises gérées par la Ville.

– Échanges téléphoniques du maire avec les présidents de la Région, du Département, des Chambres consulaires, des groupes d’opposition du Conseil municipal, pour harmoniser les actions de soutien et d’accompagnement de la population, des entreprises, du tissu local.

– Participation de Bordeaux Métropole au fonds de financement des entreprises mis en place par la région Nouvelle Aquitaine.

Un règlement pour la protection des arbres à Bordeaux

Bordeaux offre aujourd’hui plus de 600 ha d’espaces verts et 46 000 arbres disséminés sur l’espace public. Cependant, force est de constater aujourd’hui que ce patrimoine est parfois menacé.

• Le vieillissement accéléré des plantations héritées du milieu du 19ème siècle – début 20ème avec notamment le parc Bordelais, le Jardin Public et les Quinconces pour les plus emblématiques.
• La répétition des évènements climatiques extrêmes qui fragilise le patrimoine
• L’émergence de nouvelles maladies et l’apparition de ravageurs
• Les dégradations subies par les arbres à l’occasion de travaux à proximité, de manifestations diverses, de dégradations volontaires, etc.

Ces menaces viennent compromettre les efforts de la Ville pour augmenter le patrimoine arboré notamment dans le cadre du plan Canopée. Je me félicite ici du travail réalisé pour mettre en place deux outils concrets qui permettront d’assurer le futur de ce patrimoine et protéger les arbres existants.

Le règlement de protection des arbres durant les chantiers.

Des données techniques permettent de mieux comprendre le fonctionnement d’un arbre et ainsi mieux le protéger. Des racines aux feuilles en passant par le tronc, chaque partie est primordiale. Cependant durant un chantier, des manifestations ou des évènements publics des dommages importants peuvent être commis. Les recommandations techniques concrètes détaillées dans ce règlement permettent de les anticiper et ainsi de protéger l’arbre.

Le barème d’indemnisation

Ce barème d’indemnisation, fondé sur la valeur ornementale ou d’agrément de l’arbre, permet une évaluation des dommages et du préjudice subi en cas d’atteinte.
La valeur de l’arbre est obtenue par le biais d’une formule prenant en compte 4 critères :
– Le statut patrimonial et la distribution spatiale de l’arbre,
– L’état de santé de l’arbre et sa vigueur,
– La circonférence du tronc et donc dans une certaine mesure son âge,
– L’espèce et/ou la variété.

La ville est un milieu hostile pour les arbres. Leur espérance de vie y est abrégée par les activités humaines. Les chantiers et manifestations sont nécessaires à la vie de la ville et à son évolution, mais ils peuvent être mutilants pour les arbres et engendrer leur dépérissement prématuré. Le patrimoine arboré est précieux et doit être protégé et préservé. Ce document permet de faire connaître les impacts de ces interventions et de proposer des mesures de protection concrètes.

Ce document vient compléter les annonces du Maire de Bordeaux, Nicolas Florian, lors du dernier Conseil Municipal. Des mesures de protection alliées à l’ambition de végétalisation du plan Canopée montrent la vision de la Ville sur cet enjeu primordial.
L’urgence climatique nous oblige à traiter ce sujet sérieusement, avec des mesures concrètes, loin du simple et réducteur concours de chiffre.

Les arbres à Bordeaux : vers une nouvelle dynamique

« Comme un arbre dans la ville, j’ai la fumée des usines, pour prison et mes racines, on les recouvre de grilles, comme un arbre dans la ville. »

En 1972, Maxime Le Forestier chantait « Comme un arbre dans la ville » et se voyait qualifié d’utopiste, de pacifiste. Quelques années plus tard, la jeune génération dont beaucoup d’entre nous fait partie, s’empare du sujet. En démontre les manifestations qui ont eu lieu à travers le monde, menées par Greta Thunberg et des adolescents interpelant les dirigeants de la planète sur l’urgence climatique.
« Nous sommes à court d’excuses et de temps ».

 

2001 : 1er plan vert bordelais
La politique bordelaise de l’arbre ne date pas de 1972 mais ne date pas d’hier non plus : en 2001, le plan vert définit le programme de développement de la nature dans le cadre du projet urbain. 16 000 arbres seront plantés durant cette période, soit environ 941 arbres/an. Parmi, les projets de plantation majeurs on retrouve les quais et la promenade Corajoud, les plantations en accompagnement du tramway, les Zac Cœur de Bastide, le parc aux Angéliques, la rénovation du parc Bordelais et du Jardin Public, la création du jardin botanique à la Bastide, le parking du parc floral, le parvis du parc des expositions…

 

2019 : Bordeaux va plus loin
Bordeaux compte déjà près de 46 000 arbres*. Il est cependant désormais indispensable de renforcer la place de l’arbre dans notre ville pour répondre à l’urgence climatique, rafraîchir l’air ambiant et lutter contre les îlots de chaleur. Sans oublier d’autres nombreuses fonctions de l’arbre : améliorer la qualité de l’air, atténuer les bruits ambiants, préserver la biodiversité, favoriser le lien social…

A travers son vœu présenté en conseil municipal ce 8 juillet 2019, la mairie de Bordeaux confirme son engagement : la « Nature en ville » est au cœur des enjeux contemporains.

En assurant des services écologiques majeurs (constitution d’îlots de fraîcheur, source de biodiversité, filtration des polluants atmosphériques, captation de carbone…), les arbres en particulier jouent un rôle prépondérant pour contribuer à l’amélioration de la qualité de vie en ville et répondre aux enjeux de santé publique.

Ce vœu souhaite tenir compte d’un contexte nouveau (vieillissement des plantations, répétitions des évènements climatiques extrêmes, menaces liées aux travaux, émergence de nouvelles maladies…).

Pour information, les causes d’abattages (environ 300 par an) sont, par ordre d’importance : l’état de santé de l’arbre (67% en 2017, 77% en 2018), les projets d’aménagement ou de requalification d’espaces publics (25% en 2017, 18% en 2018), les accidents climatiques (6% en 2017, 3% en 2018). Les canicules estivales, facteurs de pollutions et de mal-être, qui vont devenir de plus en plus fréquentes, mais aussi plus longues et plus intenses, rendent nécessaire une stratégie de résilience nouvelle.

Nous, élus bordelais, avons souhaité accélérer la dynamique d’ « arborisation » de la ville, en lien avec les habitants.

 

Un plan canopée et un comité de l’arbre
C’est pourquoi, le Conseil Municipal de Bordeaux souhaite intensifier les efforts entrepris en adoptant un plan « Canopée » et en créant un comité de l’arbre dans le but d’augmenter la proportion de surfaces boisées et de gérer le patrimoine arboré de la Ville en conciliant surveillance, préservation des arbres, diversification de la palette végétale et sécurité des populations.

Pour parvenir à ces fins, plusieurs actions seront mises en place à court et moyen terme, et notamment :

  • Planter 20 000 arbres d’ici 2025, soit 3000 arbres par an (contre 1000 actuellement) pour augmenter la proportion de surfaces boisées et ombragées dans la ville (notamment : 1000 arbres au parc aux angéliques, 500 au Grand Parc, 6630 sur Euratlantique, 5650 à Brazza, 1500 à Bastide-Niel, 1200 arbres par an dans le diffus, etc.). Il convient d’ajouter les arbres qui seront plantés sur la zone de la Jallère ;
  • Lutter contre les îlots de chaleur urbains en réaménageant l’espace public. L’ombrière de la place Pey Berland, qui sera mise en œuvre à compter du 11 juillet en préparation d’une réalisation plus pérenne sur cette place, en constitue un exemple marquant. Fort de la même logique, des études vont être lancées place St Projet, place Ravezies, allées Serr et rue Sainte-Catherine pour déterminer le meilleur aménagement (ombrières, plantations…). Par ailleurs, nous souhaitons poursuivre le programme de végétalisation des cours d’école et les expérimentations en cours pour utiliser de nouveaux revêtements au sol.
  • Préserver les espaces arborés face à l’artificialisation des sols, conformément au PLU qui fixe à 50% la part d’espaces naturels sur le territoire métropolitain. La décision de consacrer l’îlot du site Bourbon-Faïencerie aux bassins à flot à un jardin de plus de 7000m² montre également l’action concrète engagée par la Ville pour développer de nouveaux espaces ;
  • Rassembler les différents acteurs (associations, chercheurs, élus, services) autour des enjeux de l’arbre en ville au sein d’un Comité de l’arbre en vue de développer une vision prospective, en collaboration avec les principaux propriétaires fonciers publics, parapublics et privés (bailleurs sociaux, promoteurs, hôpitaux…) et d’émettre des avis sur toutes les coupes d’arbres ;
  • Sanctionner le non-respect par les professionnels de la réglementation relative à la protection des arbres et de leurs racines sur les chantiers en adoptant, d’une part, un barème permettant de calculer la valeur monétaire d’un arbre et, d’autre part, un document cadre de protection des arbres lors des interventions à proximité et sur les chantiers ou projets d’aménagement ;
  • Développer les zones de protection via les espaces boisés classés et les arbres isolés protégés supplémentaires ;
  • Encourager le public à consulter les données disponibles et mises à disposition volontairement par la Ville, sur le site dédié « Bordeaux nos arbres », ainsi qu’en OpenData ;
  • Développer la pédagogie et la communication préalable autour des enjeux patrimoniaux des arbres et sur les motifs des abattages, visant principalement à assurer la sécurité des citoyens ;
  • Actualiser l’inventaire déjà réalisé du patrimoine arboré sur le domaine public et privé de la ville et des espaces publics pouvant accueillir des plantations d’arbres et enrichir l’application « Bordeaux nos arbres » pour mettre à disposition du public des données fiables relatives à la gestion des arbres à Bordeaux ;
  • Associer les habitants aux programmes de plantation et de mise en valeur des arbres, conseiller les propriétaires de jardins privés et encourager les initiatives citoyennes de végétalisation de l’espace public ;

 

L’action de la Ville s’inscrit dans une ambition concrète, chiffrée, réaliste, partagée et de long terme, en cohérence avec les attentes de nos concitoyens exprimée à de multiples occasions.

 

*Le chiffre de 46 000 arbres englobe celui de la base de données (36 500) et l’estimation du nombre d’arbres plantés dans nos espaces boisés : Berges du Lac de Bordeaux et Bois de Bordeaux notamment. Le chiffre de 46000 est donc objectif voire plutôt sous-estimé. Il ne comprend pas les arbres des berges de Garonne, très arborées par endroit.