2018-2020 : un plan métropolitain de propreté urbaine

En juin 2017, une enquête de satisfaction diligentée par Bordeaux Métropole a été menée par l’IFOP auprès des habitants des communes ayant transféré la compétence propreté, voirie et espaces verts à la Métropole (exceptée le centre-ville de Bordeaux pour lequel une enquête spécifique avait été réalisée l’année passée). Plutôt satisfaisants, les résultats globaux obtenus montrent cependant un décalage entre la vision des élus interrogés et les administrés mécontents.

En effet, l’évolution constante du nombre des touristes chaque année passant de 2 à 6 millions (entre 2000 et 2016) ainsi que la démographie grandissante a entrainé une dégradation de la propreté dans les rues bordelaises et plus largement au sein du territoire métropolitain.

Dans une démarche collective et afin d’améliorer la propreté de notre Métropole, plusieurs constats ont été dressés :
▲ L’état de propreté de l’hyper-centre de Bordeaux est aujourd’hui considéré comme peu, voire pas satisfaisant (notamment le week-end, et les périodes de vacances) malgré les moyens mis en place jusque-là (plan hivernal ; plan estival ; grand nettoyage 48h chrono ; VSDL);
▲ Les dépôts sauvages se multiplient près des bornes (enterrées ou non) de collecte des déchets ménagers ou de collecte sélective, mais aussi le long des grands axes, à proximité des déchetteries ou des sites naturels;
▲ L’entretien des pistes et bandes cyclables n’est plus approprié au regard de l’augmentation de la pratique du vélo sur notre territoire;
▲ La prise en charge actuelle de la chute automnale des feuilles et le désherbage des trottoirs (dont le dispositif zéro phyto) est jugée insatisfaisante et est incomprise pour un grand nombre de nos administrés;

Présenté en Bureau métropolitain, le 28 septembre dernier, le plan métropolitain de propreté urbaine fera l’objet de plusieurs délibérations dont l’évolution de l’organisation des services lors du prochain conseil métropolitain, le 24 novembre. Dès lors, ce plan a pour objet de répondre à ces différentes problématiques développées en 3 axes :

1. Adapter au plus près et renforcer les moyens dévoués au nettoiement dans les 28 communes

Pour faire face à l’évolution de l’hyper-centre bordelais et aux changements en termes d’usage de l’espace public, il est proposé d’expérimenter l’externalisation complète des activités de collecte et de propreté via un marché public avec obligation de résultats basé sur un référentiel de qualité très précis sur le secteur le plus sensible, situé entre Pey-Berland, Victor Hugo et Chapeau Rouge, Intendance et les quais rive gauche.

Pour information, les grandes métropoles comme Marseille, Lille ou Lyon ont déjà mis en place un dispositif similaire et ont obtenu des résultats probants. Il faut préciser que sur un total de 113 secteurs de collecte sur le territoire métropolitain, seulement 2 sont concernés par cette externalisation.
De plus, le personnel (39 personnes dont 10 à la collecte et 29 à la propreté) qui travaille actuellement sur les périmètres identifiés (2 secteurs de collecte et 3 secteurs de propreté) viendra renforcer les équipes actuelles intervenant sur les 111 autres secteurs.

Alain Juppé s’est engagé auprès des organisations syndicales sur le fait que ces agents ne subiront pas de baisses de salaires, que ce dispositif ne concernera uniquement que le quartier de l’hyper-centre et qu’il ne se généralisera pas. La mise en service de ce plan est prévue entre le mois de janvier et le mois de septembre 2018 avec l’externalisation de la collecte et de la propreté de l’hyper-centre et 2018-2021 pour les investissements.

Afin de répondre aux problématiques des dépôts sauvages, il a été proposé : de prévoir un renforcement de la fréquence de passage pour la collecte des dépôts sauvages autour des bornes à verre et des bacs enterrés sur le domaine public métropolitain ; d’accroître la fréquence de collecte de certaines bornes à verre, sujettes aux débordements ; de dresser un bilan et faire des propositions relatives à la problématique grandissante des bacs enterrés.

Quant au balayage des pistes et bandes cyclables, de nouvelles balayeuses vont être acquises et la fréquence de passage des machines prévues à cet effet sera augmentée.

En ce qui concerne la problématique des chutes de feuilles et le désherbage des trottoirs et des routes, il a été proposé de :
▲ Améliorer la prise en compte de l’espace public afin de mieux anticiper
▲ Développer la communication auprès des administrés et les sensibiliser au véritable intérêt du zéro phyto
▲ Accentuer les moyens d’intervention actuels pour le ramassage des feuilles et le désherbage via des marchés

2. Mise en place d’une démarche co-responsable via une campagne de communication basée sur la sensibilisation de nos administrés

La propreté d’un territoire concerne l’ensemble des personnes qui le compose. Dès lors, il apparait essentiel de sensibiliser et d’accompagner l’ensemble des administrés afin de modifier leur comportement au sein de l’espace public. Se basant sur la responsabilité partagée, cette campagne de communication a pour but la valorisation du travail des agents mais aussi d’en souligner les limites. Elle permet également via des messages « chocs » de souligner avec insistance les problèmes d’incivilité et ainsi comprendre que l’ensemble des acteurs est essentiel pour le bon fonctionnement du service et pour le maintien de propreté du territoire.

Parallèlement, non seulement dans le but de communiquer mais aussi de responsabiliser les principaux acteurs de la propreté, un contrat métropolitain de propreté urbaine est en cours d’élaboration. La signature de celui-ci pourrait être organisée dans le cadre d’une deuxième conférence de propreté et ainsi engager les signataires à respecter la dynamique établie.

3. Consolider les équipes de contrôle et de verbalisation afin de préserver un niveau de propreté décent dans les espaces publics

Afin de décourager les incivilités, les équipes de surveillance et de contrôle seront renforcées à proximité des espaces publics les plus touchés par les dépôts sauvages. Cela permettra d’être réactif, d’anticiper le traitement de ces incivilités et ainsi, identifier les contrevenants pour leur facturer le coût du service ou les verbaliser. Ce renforcement fera l’objet de la création d’une cellule nocturne au sein du service incivilité-déchets (existant déjà au sein du pôle territorial de Bordeaux).

Bilan financier

Le coût global de 7,38 M€ de ce plan sur 3 ans se décompose de la façon suivante :
▲ Un effort d’investissement de 2,73 M€
▲ 4,64 M€ sur le budget principal de fonctionnement

Pour votre information, il est important de souligner qu’à échéance 2022, le renforcement des services s’élèvera à 59 agents au total. En effet, en plus du redéploiement des 39 agents des secteurs externalisés (13 au pôle de Bordeaux ; 10 au pôle territorial ouest ; 8 au pôle territorial rive droite ; 8 au pôle territorial sud), 20 postes seront créés. La mise en œuvre du marché de l’hyper-centre n’entrainera pas de coûts supplémentaires, l’augmentation des moyens sera prise en charge par notre établissement sur les recettes liées à la TEOM et la taxe de séjour.

Livreurs à vélo : pour un cadre contractuel plus juste

 

Par courrier, j’ai souhaité interpeller les Député(e)s bordelais concernant la situation des livreurs à vélo que j’ai reçus en Mairie le 7 juillet dernier.

Madame la Députée, Monsieur le Député,

Se faire livrer à domicile un repas de qualité, rapidement, après une longue journée de travail est incontestablement une amélioration de la qualité de vie des Français; encore que l’on pourrait légitimement s’interroger sur les conséquences, à long terme, de ces transformations sur le commerce de proximité et la convivialité qu’il génère, tout particulièrement dans une ville comme Bordeaux, dont il est le premier employeur.

Interpellé par leur situation, j’ai reçu des représentants des « coursier à vélo » le 7 juillet dernier en Mairie. Leur récit est édifiant : s’ils soulignent tous leur attachement au statut d’indépendant et à la souplesse qu’il permet, une réelle dégradation de leurs conditions de travail est à l’œuvre, tout particulièrement depuis la disparition de l’enseigne « Take it Easy » : baisse de rémunération, augmentation du « turn-over », « licenciement » par sms, dialogue social inexistant…

Mais le plus préoccupant est ailleurs : le manque de lisibilité des critères de rémunération laisse penser que la rapidité de livraison sera demain le critère premier. Au détriment naturellement de la sécurité routière des coursiers, comme des autres usagés de l’espace public. Les élus locaux sont de plus en plus préoccupés par le comportement (souvent forcé) des vélos-livreurs dans nos rues.

L’usage du statut d’auto-entrepreneur, qu’il convient de protéger, semble détourné dans ce cas, au profit d’un salariat “low cost”. L’économie collaborative ne saurait être une nouvelle loi de la jungle.

Alors qu’ils manifestent aujourd’hui devant le siège d’une importante enseigne à Bordeaux, je souhaiterais connaître votre position en tant que législateur et les propositions que vous pourriez faire pour changer cette situation. La réforme du code du travail actuellement débattue devrait permettre de traiter cette question, sans dogmatisme.

Pour ma part, je pense qu’il est nécessaire de conserver ce service commercial de qualité tout en évitant ce détournement du statut d’auto-entrepreneur. Cela passe par un cadre contractuel plus juste qui garantisse aux françaises et aux français, souvent jeunes, qui choisissent cette profession, définitivement ou temporairement, des droits et des devoirs, sans quoi la loi du plus fort continuera d’être leur quotidien.

Recevez, Madame la Députée, Monsieur le Député, l’expression de tout mon respect.

Fabien Robert

Hommage à Jean Lacouture

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Discours prononcé lors de l’hommage à Jean Lacouture, journaliste et écrivain.

Bordeaux, Grand Théâtre, le 27 octobre 2016

Cette soirée en hommage à Jean Lacouture est un moment émouvant pour nous tous. Jean Lacouture fut un témoin privilégié du XXe siècle, dont il a rencontré la plupart des grandes figures. L’originalité de son parcours, l’ampleur de son œuvre et l’agilité de sa plume en ont fait un journaliste et un biographe hors du commun.

Pour les journalistes, il était l’aîné de Gascogne. Il n’avait plus l’âge des cadets mais il en gardait la pétulance, le panache, le sens de l’amitié et une plume qui était comme la rapière de d’Artagnan, aussi rapide qu’acérée. Pour reprendre ses mots, « Gascon parce que gasconnant. Gascon parce que citoyen gourmand du monde » (Montaigne à Cheval).

Pour la gauche, il était une référence, dans ses convictions comme dans ses entêtements, qu’il rachetait par une sincérité pleine d’élégance : « Je sais depuis lors, ayant dû me mêler quelque peu de journalisme et d’histoire, que la vérité est une déesse au sommeil léger, et aux réveils trompeurs ».

Avec son physique de mousquetaire, Jean Lacouture a traversé le temps sans s’en apercevoir. Sa facilité d’écriture déconcertait. Il a publié plus de 70 livres, tous de facture brillante et d’érudition discrète, dont beaucoup de Français conservent les plus connus dans leur bibliothèque : son De Gaulle, son Mitterrand, son Blum ou son Mauriac, les biographies dont il était le plus fier, modèles de récits enlevés et d’études psychologiques.

Au Monde, il était le Lucky Luke de l’édito, tirant plus vite que son ombre, pour un « Bulletin de l’étranger » produit en dix minutes, avec une machine à écrire qui tirait en rafales. Quoique d’un orgueil susceptible, il usait d’un humour humble, émaillé de traits d’esprit vachards. A l’hebdomadaire, il livrait ses articles les plus engagés sans négliger trois passions : opéra, rugby, tauromachie, sur lesquelles sa plume séduit jusqu’aux lecteurs les plus profanes.

Il pratique un journalisme d’intelligence mais aussi d’admiration. Il lui est impossible d’écrire la vie d’un home qu’il ne respecte pas ; il ne veut pas des sujets pour ses livres mais des héros. Jean Lacouture est, dès son enfance, fasciné par les personnages d’exception. Sa mère, passionnée d’histoire, lui a donné le goût des grandes biographies. Résistant, il s’engage dans la 2e DB à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Il suit aussi le général Leclerc lorsqu’il est envoyé en Indochine. Jean Lacouture, affecté au service de presse, réalise que la décolonisation est inévitable. Il est ainsi témoin des accords signés avec Hô Chi Minh, qui font du Vietnam un Etat indépendant dans le cadre de l’Union Française.

Après deux ouvrages sur l’Egypte et le Maroc, rédigés avec sa femme, Simone Lacouture, le journaliste publie Cinq hommes et la France, en 1961. Professeur à l’Institut d’Etudes politiques de Paris (1969-1972), il publie de 1984 à 1986 une vaste biographie de De Gaulle en trois volumes.

Ainsi s’efface dans l’élégance Jean Lacouture, un héraut de la gauche des libertés, fidèle à ses idées et encore plus à ses amis, épicurien du Midi et spartiate de l’écriture, chaleureux et exigeant, colérique et généreux.

J’en terminerai par ces propos emblématiques de Jean Lacouture sur Bordeaux : « Pour ce qui est de la Garonne, j’aime le combat que se livrent ici, en un tournoi arbitré par le pont Deschamps, le tumultueux liquide venu de l’Océan, verdâtre et colérique, et les douces eaux qui portaient Montaigne d’une estacade de Cadillac en sa mairie, ou en sa maison de la Rousselle, à bord de quelque gabarre où piaffait son cheval ».

Dîner-débat : «Alain Juppé, l’homme qui revient de loin »

9782809820225Chère Madame, Cher Monsieur,

Nous avons le plaisir de vous inviter au prochain dîner-débat qui se tiendra le :

Mardi 25 octobre 2016 à 20h00

dans les salons de l’Automobile Club du Sud Ouest, 8 place des Quinconces
à Bordeaux

sur le thème :

«Alain Juppé, l’homme qui revient de loin »

développé par :

Bruno Dive
Editorialiste du quotidien régional Sud Ouest.

Je vous remercie de bien vouloir nous renvoyer le coupon réponse ci-dessous accompagné du chèque de règlement pour votre inscription au dîner-débat, avant le 18 octobre 2016, délai de rigueur.

Nous sommes contraints d’indiquer que faute d’inscription et de règlement dans les délais, il ne sera pas possible de recevoir les participants de la dernière heure.

Nous vous prions de croire, Chère Madame, Cher Monsieur, à l’assurance de nos sentiments les meilleurs et bien cordiaux.

Les Co-Présidents,

Me Daniel PICOTIN

Fabien ROBERT
Adjoint au Maire de Bordeaux

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Bordeaux : 130 lieux à découvrir pour les journées du patrimoine

Très identifiées par le public sur le plan national, les Journées européennes du patrimoine sont autant associées à la découverte de monuments emblématiques qu’à une occasion unique de visiter des lieux insolites ou habituellement fermés. Le thème 2016, « Patrimoine et citoyenneté », trouve évidemment un écho particulier dans le contexte national et international que nous connaissons. Il est l’occasion de réaffirmer la place de l’histoire et du patrimoine dans la construction de la citoyenneté.

« Une nation sans passé n’a pas d’avenir » (Malraux).

 Plus de 130 événements (visites de sites, balades urbaines, performances artistiques ou autres expositions) seront proposés au public entre le vendredi 16 septembre au soir et le dimanche 18. Le thème national de cette 33e édition, « Patrimoine et citoyenneté », est l’occasion de célébrer ensemble le caractère fédérateur du patrimoine, par essence bien commun et à ce titre support du vivre ensemble.

Un temps fort de la rentrée bordelaise.

L’événement cristallise autour d’un week-end dynamique, convivial et festif l’attachement du public et notamment des bordelais aux patrimoines. Après avoir rassemblé 120 000 visiteurs l’an passé, l’édition 2016 promet d’être à nouveau un temps fort de la rentrée.

Du côté des organisateurs, ce sera à nouveau un moment particulièrement fédérateur du riche tissu d’acteurs locaux dans le secteur du patrimoine (institutions, équipements culturels, sites privés, tissu associatif, professionnels du patrimoine, bénévoles tout simplement).

Un événement pour tous, fer de lance d’une politique patrimoniale forte.

Avec des ateliers pour les familles ou encore des visites en plusieurs langues, les nombreux types d’actions proposés illustrent largement la volonté de s’adresser à tous.

La dynamique renouvelée de cet événement témoigne aussi de la volonté de la ville d’œuvrer à l’appropriation des patrimoines : l’inscription de Bordeaux, Port de la Lune au patrimoine mondial de l’Unesco en 2007 et la signature de la convention Ville d’art et d’histoire en 2009 en attestent.

L’édition 2016

  • Une année faste pour le patrimoine bordelais

2016 a vu et verra de nouvelles protections d’immeubles ou d’objets au titre des monuments historiques comme par exemple :

– Eglise Sainte Marie de la Bastide : Immeuble inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du 10 février 2016 ;

– Eglise Saint Louis des Chartrons : Immeuble inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du 10 février 2016 ;

– Hôtel de Lalande : Immeuble en cours d’inscription au titre des monuments historiques et proposé au classement par la CRPS ;

– Eglise Sainte Eulalie : Façade principale en cours de classement au titre des monuments historiques ;

– Eglise Saint Paul Saint François Xavier – Buffet de l’orgue de tribune : en cours de classement au titre des monuments historiques en tant qu’objet mobilier ;

– Eglise Saint Martial – Orgue de tribune : en cours d’inscription au titre des monuments historiques

La Commission Régionale du Patrimoine et des Sites du 12 mai 2016 a labellisé Patrimoine XXème siècle la Base sous-marine, récente acquisition de la ville. Cette distinction vient compléter la liste de bâtiments, propriété de notre collectivité, qui ont déjà obtenu ce label comme : le stade Chaban Delmas, la Pergola, la salle des fêtes du Grand parc, la crèche et les bains douches de Bacalan, la cité de la Benauge et la salle Dauguet, la piscine Galin ou le groupe scolaire de la Benauge, par exemple.

  • La restauration du patrimoine campanaire

La ville de Bordeaux est sans doute une des villes du sud de la France dont le patrimoine campanaire est le plus riche, tant en cloches historiques, qu’en cloches de grande taille. Avec la réparation du carillon du clocher de la basilique Saint Michel cet été, ce quartier a retrouvé le paysage sonore qui était le sien ces dernières années. La municipalité a souhaité également lancer, tous les premiers dimanche du mois, la grosse cloche à la volée, afin de faire profiter à tous les sonneries de ces instruments de musique.

  • De nouveaux équipements au service de la valorisation et de la médiation du patrimoine

L’ancienne prison de la rue Boulan n’est pas le seul lieu à avoir enrichi l’offre cette année. L’ouverture plus tôt dans l’année du nouvel espace des Archives de Bordeaux métropole, mais également l’inauguration de la Cité du vin, affirment encore une vision dynamique et ouverte du patrimoine à Bordeaux : bâti historique, architecture contemporaine, patrimoine immatériel (savoir-faire et savoir-vivre, pratiques gastronomiques autour du vin) sont liés, au service de la reconnaissance patrimoniale mais aussi d’un développement urbain qualitatif.

  • L’édition 2016 autour du thème « patrimoine et citoyenneté » 

Le lien fort à Bordeaux entre patrimoine et bien-vivre, donc vivre ensemble, invite aussi à une déclinaison locale riche du thème « patrimoine et citoyenneté » :

– il donne évidemment l’opportunité de (re)découvrir des sites où la citoyenneté se construit et s’exerce, de l’école de la Benauge qui ouvre pour la première fois ses portes au classique Palais Rohan ;

– il constitue une invitation à replonger dans l’histoire de la République et de ses valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité ;

– il donne l’occasion de dépasser le patrimoine à voir pour appréhender un patrimoine à vivre dans une logique de partage : en allant à la rencontre des bénévoles, des associations, des professionnels et de tous les passionnés qui mettent en partage leurs connaissances, ou encore en découvrant les initiatives d’implication des habitants dans certains projets urbains.

  • Aperçu du programme :
  • La soirée inaugurale aux Archives de Bordeaux Métropole :

Tout désigné pour accueillir ce temps fort cette année (de par sa nouveauté mais aussi  en tant que lieu préservant nombre de documents fondateurs de la République), le site accueille un programme qui conjugue la citoyenneté à la fois au passé, au présent et au futur : les collectifs Alchimist et Claque la baraque se relaieront dans la soirée pour faire vivre les documents inanimés des fonds d’archives grâce à l’expressivité du graph et du théâtre. Les Archives inaugureront une nouvelle exposition pour l’occasion, « Aux archives citoyens ! ».

  • Quelques inédits du cru 2016 :

De nouveaux lieux (Cité du vin, Grand Port Maritime de Bordeaux, Ecole de la Benauge, Garage moderne, Bordeaux étudiant club escrime) viennent enrichir la programmation.

Les propositions spécifiquement calibrées cette année en relation avec le thème annuel sont aussi nombreuses :

–          des visites ou balades urbaines inédites, par exemple la présentation du Monument aux Girondins et à la République ;

–          des animations participatives tel le vote pour le monument préféré du public proposé par Bordeaux Patrimoine Mondial (CIAP) ;

–          des interventions plus « décalées » : l’Agence de géographie affective propose dans les jardins de l’Hôtel de Ville « À l’écoute des citoyens », une installation sonore et jouée qui met en scène la ville vécue au quotidien par ses citoyens. Une « Visite interdite du campus universitaire de la Victoire » avec l’association des psychologues étudiants et la compagnie Claque la baraque est offerte à tous ceux qui préfèrent sortir des monuments historiques et des sentiers battus.

Le programme complet sur www.bordeaux.fr

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Quelques chiffres

> Les Journées du patrimoine 2016 en chiffres

– Plus de 130 sites ouverts au public 

– 90 visites de sites

– 8 concerts

– 33 expositions

– 22 circuits

– 48 animations

– 7 conférences

– 100 bénévoles

– 30 associations partenaires

> Le Patrimoine bordelais : éléments clés – atouts majeurs

– Ensemble urbain de 1810 hectares inscrits sur la liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2007

– Label Ville d’art et d’histoire depuis 2009

– Secteur sauvegardé de 150 hectares dont le règlement du plan de sauvegarde et de mise en valeur est en cours de révision

– 361 immeubles protégés au titre des monuments historiques à Bordeaux (dont 44 sont la propriété de la Ville) qui couvrent toutes époques et tous types d’architecture

– 3 édifices cultuels majeurs (cathédrale Saint André, basilique Saint Michel et basilique Saint Seurin) inscrits par l’UNESCO sur la liste du patrimoine mondial au titre des chemins de Saint Jacques de Compostelle en France 

– 12 bâtiments labellisés XX° siècle dont 67propriétés de la Ville 

– La Ville est également propriétaire de plusieurs milliers d’objets dont 368 sont protégés au titre des MH

Bordeaux : les projets d’Alain Juppé pour la rentrée

10959598_10153232413406501_3140187595439959048_nSeptembre est marqué par la traditionnelle conférence de presse de rentrée d’Alain Juppé qui profite de cette occasion pour évoquer l’actualité de la ville et de la Métropole. Bordeaux Métropole continue à investir massivement pour ses habitants avec un programme d’équipement 2016 de 515,6 millions d’€ tous budgets confondus. Morceaux Choisis.

Métropole. Après une première étape de mutualisation des services, la construction de la Métropole continue avec quelques étapes importantes à venir : le transfert des équipements d’intérêt métropolitain et le transfert de certaines compétences du Conseil Départemental à Bordeaux Métropole au 1er janvier 2017.

Mobilité. Les travaux de la 4ème ligne de tramway ont commencé, l’extension de la ligne C entre Bègles et Villenave d’Ornon est en cours. Bientôt, la ligne C du tramway vers Blanquefort (tram-train du Médoc) sera mise en service. Les études pour une meilleure desserte de l’aéroport sont en cours, le 2ème plan en faveur du vélo sera publié en octobre/novembre prochain.

Dynamisme économique. Bordeaux est une ville attractive sur le plan économique, comme l’illustre  l’ouverture des nouveaux bâtiments de Dassault Falcon Service et du Campus Thalès Aibone fin 2016. Plusieurs opérations d’aménagement importantes et créatrices d’emplois sont en cours : OIN Bordeaux Euratlantique, OIM Bordeaux Aéroport, OIM Campus vallée créative et l’arrivée de la Ligne TGV à Grande Vitesse en juillet 2017.

Logements de qualité et aménagement du territoire. Le programme des 50 000 logements entre dans en phase opérationnelle (pose de la première pierre de l’îlot Renault au Bouscat le 16 septembre) et de grands projets d’aménagement prennent forme : Ginko, Euratlantique, Bastide Niel, Bassin à flot, la place Gambetta ou bien encore la rénovation des centres bourgs (Gradignan, le Taillan Médoc…).

Haute qualité de vie. En janvier 2017, Bordeaux accueille les assises européennes de la Transition énergétique. Notre Métropole reste engagée dans le projet « Zéro Déchet Zéro Gaspillage ». Par ailleurs, le Contrat métropolitain de santé et le futur réseau mutualisé de chaleur rive droite marquent le volontarisme de notre territoire pour améliorer encore la qualité de la vie des habitants.

Last but no least, Culture. En dépit d’un contexte national difficile, la fréquentation des lieux culturels bordelais est bonne. A titre d’exemple, environ 260.000 visiteurs se sont pressés dans les musées entre janvier et juillet (chiffres stables par rapport à 2015) quant à la fréquentation de la base sous-marine, elle connait un succès non démenti depuis sa réouverture en mars 2016 (plus de 20.000 visiteurs pour l’exposition Charlie Le Mindu en un mois).

  • L’ouverture de la Cité du Vin en juin 2016 a été un des temps forts de l’année écoulée : succès critique et de fréquentation. Ce nouvel équipement culturel bordelais a su proposer un parcours d’exposition à la fois ludique et créatif, ambitieux sur le plan des nouvelles technologies, et contribuant au rayonnement international de la destination ;
  • La première édition de la Saison Street-art (toujours en cours), rassemblant plus de 40 propositions artistiques dans l’espace public a fait du territoire bordelais un formidable terrain de jeu d’expression mettant en lumière toute la vivacité de ce secteur, autour notamment de l’exposition Transfert dans les locaux de l’ancien Virgin (qui a dépassé les 50 000 visiteurs).
  • Deux chantiers emblématiques du mandat démarrent en octobre 2016 : la bibliothèque de Caudéran et la réhabilitation de la Salle des Fêtes du Grand Parc, projets structurants en matière d’équipement à fonctions “multiples”, aussi bien sociales que culturelles, dans une dynamique de mutualisation et de partage des espaces.
  • L’automne 2016 sera marqué par la première édition du FAB, Festival International des Arts de Bordeaux Métropole (ex-NOVART, qui en 2015, sous la direction de Sylvie Violan, a rassemblé 55 000 spectateurs) : du 1er au 22 octobre dans 20 lieux, 35 spectacles, 3 expositions, 25 compagnies internationales.
  • Le lancement du programme Démos, un orchestre symphonique de 140 enfants issus des quartiers populaires de Bordeaux et de la Gironde. 2000 enfants ont déjà découvert la musique classique en France grâce à ce projet piloté par la Philharmonie de Paris et l’Opéra National de Bordeaux-Aquitaine.
  • Montaigne sera mis à l’honneur dans le courant de l’année à venir, célébré à la fois par l’exposition et la programmation de “Montaigne superstar” mobilisant l’ensemble du réseau des médiathèques et des bibliothèques bordelaises, et par le travail de restauration de son catafalque au Musée d’Aquitaine. La version de Bordeaux des Essais sera exposée.
  • Avec 120 000 visiteurs l’an passé, les Journées Européennes du Patrimoine s’annoncent encore en 2016 prometteuses : plus de 130 événements sont au programme.
  • A l’occasion de l’arrivée de la LGV, la saison culturelle Paysages 2017, du 25 juin au 25 octobre 2017, verra se fédérer l’ensemble des opérateurs du territoire de la métropole bordelaise autour d’une thématique commune, et permettra de créer des passerelles structurantes avec la Biennale d’architecture et de design Agora.
  • Les musées de Bordeaux sont porteurs de nombreux projets d’ampleur, de la mise en avant des collections du Centre National des Arts Plastiques au Musée des Arts Décoratifs et du Design, à l’exposition hommage à “Odilon Redon et le Paysage” au Musée des Beaux-Arts dans le cadre de la célébration du centenaire de cet artiste bordelais majeur, en passant par la grande exposition au Musée d’Aquitaine intitulée “L’archéologie à grande vitesse” présentant les fouilles issues des travaux de la LGV, ou encore une commande majeure de l’artiste internationale Rosa Barba au CAPC, poursuivant l’inscription du musée d’art moderne de Bordeaux dans un réseau international de premier plan.
  • Enfin, le Conseil Culturel de Bordeaux démarrera un nouveau cycle de réflexion avec deux thématiques principales : la programmation estivale et les projets artistiques dans l’espace public.

Remuer la cuillère

Demain dimanche, la 1ère édition du Festival « Bordeaux Open Air » investira le Jardin Public pour 4 après-midis dominicales, verdoyantes et ensoleillées, de musique électronique en liberté. Un rendez-vous familial et convivial pour changer l’image d’un genre à part entière, qui ne se limite pas aux sombres (et parfois sympathiques) boites de nuit branchées. Cet évènement, venu à mes oreilles par la voie la plus simple, une demande motivée et argumentée, imaginé par une équipe jeune et sérieuse, est soutenu par la municipalité en raison de son caractère prometteur et novateur à Bordeaux.

« Veilleurs aux confins»
Il faut écouter respirer la ville, observer les traces de l’émergence pour soutenir la création. C’est le 2ème axe du Document d’Orientation Culturelle de la ville de Bordeaux, « Favoriser la création et l’innovation », qui revêt un enjeu fondamental : promouvoir une grande diversité dans l’offre culturelle en veillant au renouvellement des talents. La ville, porte d’entrée naturelle des idées nouvelles, reçoit de plus en plus de projets, à l’image d’une ville dynamique qui accueille de plus en plus de créatifs, tous sérieusement analysés, mais forcement sélectionnés. Je crois, d’une manière générale, qu’il faut demeurer méfiant face à une idée présentée avec une habileté intellectuelle excessive, même (surtout !) lorsqu’il s’agit d’art. La motivation, l’acharnement même, font aussi la différence.

Bordeaux et l’émergence, autrefois dénommée « avant-garde », c’est une histoire ancienne. En 1965, alors que la belle endormie se laisse tranquillement bercer aux accents parfois monotones d’une vie culturelle uniquement dominée par la tradition et le bon goût, la ville est traversée par un électrochoc qui la bouleverse de part en part. En quelques jours, du 25 au 31 octobre 1965, le ressort est subitement cassé : Bordeaux qui jusque-là fonctionnait à la manière d’un automate vient tout simplement de se réveiller au rythme de SIGMA. Cette histoire se poursuit aujourd’hui dans des domaines aussi divers que la littérature, la musique amplifiée et électronique ou bien encore la BD.

Faire confiance, malgré tout
Soutenir l’émergence, c’est d’abord assumer le risque de faire des erreurs. On rappelle souvent que Jacques Chaban-Delmas eu le courage de faire confiance à Roger Lafosse, fondateur de SIGMA, une tornade dans un Bordeaux classique. On oublie en revanche de rappeler que ce même Maire éconduit poliment de jeunes artistes proposant la création d’un festival de la BD, à l’époque « art mineur », qui s’installera finalement à Angoulême…

Soutenir l’émergence, c’est lutter contre la tentation d’un repli identitaire et réactionnaire qui n’a jamais été aussi fort ces dernières années. Chaque proposition audacieuse défendue en Conseil Municipal fait l’objet d’attaques systématiques et caricaturales des élus d’extrême droite. Et pour cause, Ubis spiritus, ibis libertas, « Où est l’esprit est la liberté ».

Je consacre une part de mon énergie à l’écoute de ces vibrations nouvelles et à la confiance qu’il convient de leur accorder, en demeurant attentif à l’éclosion. Je le fais par plaisir et avec un enthousiasme total, un regard toujours neuf, convaincu que l’épanouissement personnel passe par la découverte de la beauté, notion au combien personnelle et subjective, celle d’un texte ou d’une œuvre, celle que me procure la musique par exemple. Je ne conçois pas ma vie sans livre ou sans théâtre car il ne nous reste que l’art pour ne pas périr devant la vérité (Nietzsche).

Agir
Evidemment, choisir c’est renoncer et s’exposer à la critique permanente et facile. Les sceptiques parlent toujours très fort et très tôt, dès qu’apparait une initiative nouvelle et applaudissent une fois le succès venu. Parfois peu de public lors des premières éditions (3000 personnes en 1965 pour SIGMA…), parfois des déficits… Il ne faut pourtant pas renoncer car, si la création artistique se nourrit de son public, la recherche du public à tout prix peut anéantir l’originalité.

Au-delà de ces convictions, la ville de Bordeaux agit et va continuer de demeurer attentive, dès cette rentrée où plusieurs actions se préparent, notamment :

– le nouveau « Festival International des Arts de Bordeaux Métropole », le FAB, véritable accélération du temps. L’actualité culturelle qui habituellement se déploie tout au long d’une saison, se condense brusquement sur une très courte durée. Cela implique une énergie exceptionnelle, tant pour le spectateur (qui pourra passer plusieurs jours de suite d’un spectacle à un autre) que pour l’organisateur, encore que pour ce dernier, le festival n’est que la partie visible d’un iceberg d’efforts déployés tout au long de l’année (par Sylvie Violan et son équipe) ;

– pour susciter encore plus d’envie, le lancement du projet Démos, un orchestre symphonique de 140 enfants issus des quartiers populaires de Bordeaux et de la Gironde. 2000 enfants ont déjà découvert la musique classique en France grâce à ce projet piloté par la Philharmonie de Paris et l’Opéra National de Bordeaux-Aquitaine ;

vignette_assos– une dizaine d’associations en ayant fait la demande se verront attribuer un local par la ville, s’ajoutant aux 200 associations déjà aidées financièrement ou techniquement;

– la ville aura le souci de « réhabiliter » les amateurs (je préfère d’ailleurs parler de non-professionnels) trop souvent opposés aux professionnels, notamment par l’entrée en phase opérationnel de « L’Amplificateur culturel », ouvert à tous ;

– la simplification des procédures, souvent décourageantes, sera une priorité. A la rentrée, je proposerai notamment aux différentes collectivités d’harmoniser et simplifier leur dossiers de demande de subvention ;

La liste n’est pas exhaustive, elle reflète quelques pensées de fin de congés sous la grisaille des Landes.

« Nous vivons dans un monde où il faut attendre que je sucre fonde » disait Henri Bergson. Roger Lafosse aimait ajouter : « Mais rien ne nous empêche, puisque cela n’est pas interdit, de remuer la cuillère ».
Alors, tous ensemble : remuons la cuillère.

Commémoration de l’abolition de l’esclavage 2016 : “Bordeaux regarde son histoire en face.”

Discours prononcé lors de la cérémonie de commémoration de l’abolition de l’esclavage et de la traite négrière 2016 à Bordeaux (seul le prononcé est opposable) :

Monsieur le Préfet,
Madame la Conseillère Régionale,
Mesdames, Messieurs,

Permettez-moi tout d’abord de vous dire mon émotion lors de cette cérémonie où j’ai l’honneur de représenter Alain Juppé, Maire de Bordeaux, et l’ensemble du Conseil Municipal.

Depuis le 10 mai 2007, à l’initiative de Jacques Chirac, la France célèbre la journée consacrée à la mémoire de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions.

Bien évidemment la Ville de Bordeaux s’associe à cet hommage. Notre cité, fut, entre le 17ème et le 19ème siècle, un port négrier actif, avec plusieurs centaines de navires armés pour la traite.

La traite négrière par le caractère systématique qu’elle a revêtu et par son extension géographique a exercé une influence sur l’évolution du monde. Le commerce triangulaire a été une entreprise de déshumanisation qui a duré plusieurs siècles, et à l’échelle de plusieurs continents. Un drame qui a vu la déportation en masse d’hommes, de femmes et d’enfants arrachés à leur terre et aux leurs.

Cette tragédie a eu des échos, en Occident notamment elle a donné corps à des thèses racistes en contradiction absolue avec les idées des Lumières.

Les effets de l’esclavage continuent de peser à tous les égards sur l’existence des descendants d’esclaves et de meurtrir leur conscience, c’est pourquoi ce travail de mémoire est indispensable. Pour vaincre les préjugés, il faut lutter contre l’ignorance, contre l’oubli.

Bordeaux regarde son histoire en face.

Alain Juppé a souhaité engagé une « politique de la juste mémoire » pour reprendre une expression du philosophe Paul Ricoeur.

Plusieurs initiatives de la municipalité ont jalonné le parcours :

• en 2003 : plaque commémorative sur l’immeuble du 44 rue Fondaudège qui fut la dernière résidence du fils de Toussaint Louverture, Isaac.

• 10 juin 2005 : inauguration à la Bastide du square Toussaint Louverture, en présence de la Ministre de la culture d’Haïti.

• 10 mai 2008 : visite à Bordeaux de la gouverneure du Canada, Michäelle Jean qui commence son discours par cette adresse bouleversante : “Moi, arrière, arrière petite fille d’esclave, aujourd’hui à Bordeaux qui fut un grand port négrier, et j’en suis fière.”

La Ville de Bordeaux a franchi une nouvelle étape et a mis en place le 18 juillet 2005 le Comité de Réflexion et de propositions sur la Traite des Noirs à Bordeaux.

En mai 2009, le musée d’Aquitaine a rénové ses salles consacrées au XVIIIe siècle en accordant une place importante à la traite des Noirs et à l’esclavage et au rôle que la ville de Bordeaux a joué dans cette histoire. Intitulées « Bordeaux, le commerce atlantique et l’esclavage », ces salles connaissent une fréquentation très importante.

Ces actions en faveur d’un travail de mémoire ont été initiées et elles seront poursuivies. A travers le souvenir de l’esclavage et de ses abolitions c’est aussi la diversité que nous célébrons aujourd’hui. Une diversité ferment d’unité.

Les chemins de Bordeaux et de l’Afrique se sont croisés voici plusieurs siècles pour nouer à jamais une communauté dont nous sommes tous les héritiers et qui constitue une chance formidable pour notre ville. Le 30 avril dernier Bordeaux a accueilli la 4ème édition de la Journée Nationale des Diasporas Africaines.

Je vous remercie M. le Recteur d’avoir participé à l’élaboration de la cérémonie cette année (3 collèges de l’agglomération feront diverses animation musicales et chansons).

Je remercie également les associations qui participent aux commémorations cette année: ACM, MC2A, L’A COSMOPOLITAINE, MEMOIRES ET PARTAGES, LES AMIS DU CLOWN CHOCOLAT, LA LICRA, CAOMA.

Sachez que le programme est consultable sur bordeaux.fr

La République se construit aussi par la Mémoire. Alain Juppé a souhaité que la Ville puisse aller plus loin dans le travail de pédagogie et que des propositions lui soient faites dans ce sens par une nouvelle commission de réflexion sur la traite négrière et l’esclavage. Composée d’universitaires, d’institutionnels et de Karfa Diallo, elle procédera à l’audition de tous les acteurs engagés et lancera une enquête en ligne, avant de remettre ses conclusions à la fin de l’année. Elle a été présentée le 3 mai dernier lors de la cérémonie d’ouverture des commémorations.

Pour conclure, je tiens à rappeler que la traite négrière est probablement la tragédie qui a concerné le plus de sociétés, de pays et qui a duré le plus longtemps dans l’Histoire. Pourtant elle ne constitue qu’un épisode particulier d’un phénomène plus large, l’esclavage, qui traverse les époques depuis la plus haute antiquité jusqu’à nos jours. Aujourd’hui celui-ci persiste sous de nouvelles formes notamment le travail forcé, qui représente selon les Nations Unies 21 millions de personnes, mais aussi le travail des enfants, la prostitution, l’immigration clandestine… Aussi si le combat de l’abolition est achevé, celui du respect de la liberté et de la dignité de la personne humaine doit se poursuivre.

« Disons nous et disons à nos enfants que tant qu’il restera un esclave sur la surface de la Terre, l’asservissement de cet homme est une injure permanente faite à la race humaine toute entière ». Victor Schoelcher