Boulevards et barrières : vers un nouveau projet urbain concerté

Eléments structurants pour notre ville, les boulevards doivent aujourd’hui être repensés. L’ambition de la Ville est grande. En dépassant leur simple fonction de mobilité, les boulevards doivent se penser d’abord comme de véritables lieux de vie en associant les habitants à cette réflexion.

Selon moi, Bordeaux a trois atouts fondamentaux qu’elle doit absolument préserver : sa démographie dynamique, son patrimoine exceptionnel et son état d’esprit modéré.

Réfléchir au futur aménagement de notre ville est essentiel pour préserver ses atouts et cette identité bordelaise. Lancer un nouveau projet urbain et humain autour de la ceinture des boulevards et dans les quartiers attenants, une priorité de Nicolas Florian, confirme cette logique.

Des axes de déplacement à repenser

Long de 13 km, du pont Jacques Chaban-Delmas au futur pont Simone Veil ; parcourus par 30 000 véhicules chaque jour ; ponctués de 10 barrières, les boulevards occupent une position névralgique dans l’organisation des déplacements de l’agglomération bordelaise. Aussi, ils sont au cœur du renouveau urbain de la ville avec les Bassins à Flots au nord et Euratlantlique au sud.

Avec une ambition égale à la grande transformation des quais menée par Alain Juppé, nous souhaitons faire de ce projet un élément structurant dans l’aménagement de Bordeaux.

Une véritable évolution urbaine de notre ville ne peut se faire sans repenser l’avenir des boulevards.

Ici, aucun sujet ne doit être écarté. Typologie des habitants, types de commerces, de services ou d’équipement présents ; tous les enjeux sociaux, économiques et environnementaux doivent être pris en compte dans la réflexion.

Des lieux de vie à créer

De plus, nous devons dépasser la vision des boulevards comme simple voies de déplacement. Avec environ 80 000 habitants et près de 50 000 emplois sur un faisceau de 500m de part et d’autre de l’avenue il faut d’abord penser les boulevards comme un lieu de vie. De cet espace de circulation peut émerger un véritable espace de vie singulier, avec lieux publics, points verts et commerces confortés.

Les conditions d’un vaste débat sont maintenant réunies. La volonté de la Ville est d’ouvrir ce débat aux habitants et usagers des boulevards. Ce projet d’aménagement sera concerté et réunira toutes les expertises nécessaires pour envisager le futur de ces voies centrales.

Nicolas Florian m’a proposé de porter ce projet et je le remercie pour sa confiance. La commission nouvellement créée présentera une délibération qui sera adoptée d’ici le 15 juillet pour saisir ensuite le Conseil de Bordeaux Métropole.

Loin d’être une simple question de mobilité, la rénovation des boulevards sera le projet urbain métropolitain de demain, à l’image du Bordeaux des quais. Dans cette réflexion la volonté de la Ville, et celle qui m’anime depuis tant d’années, est d’y associer pleinement les habitants.  

Bordeaux se mobilise pour réduire ses déchets plastiques.

La mairie de Bordeaux souhaite montrer l’exemple et se mobiliser pour réduire ses déchets plastiques.

Face à un constat alarmant…

La consommation de plastique a été multipliée par 20 dans le monde dans les cinquante dernières années. Aujourd’hui 6% de la production de pétrole au niveau mondial est utilisée pour produire du plastique. On estime que ce chiffre sera de 20% en 2050.

De même, le plastique représente à lui seul 70% des déchets marins.

Moins de 20% des neuf milliards de tonnes de plastiques produits à ce jour dans le monde ont été recyclées ou incinérées, le reste continuant de s’amonceler sur les sites d’enfouissement et se répandant dans le milieu naturel où il mettra des milliers d’années à se dégrader.

Face à ce constat, j’ai suivi avec attention l’élaboration de la loi « Agriculture et Alimentation », votée par le gouvernement en octobre dernier. Cette loi poursuit plusieurs objectifs : permettre aux agriculteurs d’avoir un revenu digne, améliorer les conditions sanitaires et environnementales de production, renforcer le bien-être animal, favoriser une alimentation saine, sûre et durable et réduire l’utilisation du plastique dans le domaine alimentaire.

Sur ce dernier point, trois mesures avaient retenu mon intérêt car directement applicables pour Bordeaux :

  • L’interdiction des contenants alimentaires de cuisson, de réchauffe et de service en plastique en restauration collective des collectivités locales en 2025,
  • L’interdiction des touillettes et pailles en plastique dans la restauration, la vente à emporter, les cantines et les commerces alimentaires en 2020
  • L’interdiction des bouteilles d’eau en plastique dans les cantines scolaires en 2020.

Cependant, en janvier dernier, le Sénat a retardé l’application de ces mesures. Ainsi, la vente d’éléments plastiques (couverts, touillettes, pailles) est repoussée d’un an soit au 1er janvier 2021.

…la nécessité d’agir.

Face à l’urgence et la nécessité de mobilisation sur ces questions, la Ville de Bordeaux souhaite changer ses pratiques et montrer l’exemple.

Pour cela dès le 1er janvier 2020 nous mettons en place les mesures suivantes :

  • Suppression des objets en plastique à usage unique (touillettes, pailles, verres) à horizon 2020 dans tous les services municipaux,
  • Mise en place de pratiques écoresponsables pour une ville exemplaire, notamment au travers des achats de la ville,
  • Réduction considérable de l’utilisation des plastiques dans les cantines scolaires et dans les restaurants municipaux dédié aux agents,
  • Sensibilisation des habitants et des restaurateurs sur les enjeux de la suppression des plastiques à usage unique.

La Ville de Bordeaux, à son échelle, souhaite agir et sensibiliser au plus proche des habitants sur le défi environnemental.  

#NotreDame : et maintenant reconstruire

“Les bâtisseurs de pierres mortes ne sont pas écrits dans mon livre de vie. Je ne bâtis que pierres vives (vivantes), ce sont les hommes.” Rabelais

Hier, dans la soirée, l’un des symboles de notre pays, souvent peint, narré ou chanté, la Cathédrale Notre-Dame et sa charpente millénaire étaient en proie aux flammes.

Aujourd’hui, au nom de la Ville de Bordeaux et de son Maire Nicolas Florian, je répondais aux questions de la presse concernant la sécurisation des monuments historiques bordelais.

La sauvegarde de notre patrimoine national est un combat quotidien, notamment dans notre ville, Bordeaux, avec ses 1810 hectares inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO, son label Ville d’art et d’Histoire, ses 361 immeubles et 368 objets protégés au titre des monuments historiques.

C’est d’abord en se donnant les moyens financiers pour agir. La Ville accorde une enveloppe budgétaire annuelle de 250 000 euros pour les travaux de sécurité dans les édifices patrimoniaux. C’est ensuite en renforçant les normes autour de ces bâtiments. Toutes les églises appartenant à la Ville font aujourd’hui l’objet d’un avis favorable de la commission de sécurité. C’est aussi en mettant en place une procédure spécifique durant les travaux : toute source de chaleur doit être déclarée et faire l’objet d’un permis feu validant un protocole d’utilisation de ces matériels. Les travaux sont une source d’inquiétude particulière et donc spécifiquement encadrés par la ville. 
Mais le risque 0 n’existe pas…

L’Histoire de notre ville le confirme, le risque d’incendie est souvent synonyme de grandes pertes pour notre patrimoine. Au XIXe siècle trois incendies se sont déclarés au sein de l’Hôtel de Ville. Dans la nuit du 14 au 15 juin 1862, un incendie au premier étage se propagea rapidement dans le deuxième étage où se trouvait les archives municipales. Beaucoup de précieux documents certains remontant au Moyen âge et en particulier ceux se référant à la période anglaise furent la proie des flammes. En décembre 1870, des œuvres majeures sont perdues après un incendie dans les salons. Parmi elles, “La chasse aux lions” de Delacroix, un tableau de Ludovic Carraci ou encore une toile de Luca Giordano. Dans notre histoire récente, l’église Sainte-Croix et celle de Saint-Seurin ont été toutes les deux victimes d’un incendie qui détruisit partiellement mobiliers ou statues.

L’heure est maintenant à la reconstruction pour la Cathédrale Notre-Dame. La Ville de Bordeaux, par la voix de son maire, a annoncé son intention de s’inscrire dans ce grand mouvement de solidarité nationale. La proposition sera faite au Conseil Municipal d’apporter une contribution à la souscription lancée par la fondation du patrimoine.

Les Bordelais redécouvrent leur Muséum

Après 10 ans de travaux, pour rénovation-extension, inventaire, acquisition et restauration le Muséum de Bordeaux se dévoile au grand public.

Une ouverture attendue par les Bordelais comme en témoigne ce chiffre :  plus de 12 000 visiteurs ont pu apprécier le Museum version 2019 depuis son ouverture le 31 mars.

J’ai eu la chance d’inaugurer ce nouveau lieu culturel aux côtés de Nicolas Florian, maire de Bordeaux.

Comme moi, laissez-vous émerveiller devant la sélection des 3 500 spécimens (parmi le million que représentent les collections) revenue en exposition dans l’Hôtel de Lisleferme. Dont Fanny l’éléphante qui a retrouvé sa place à la billetterie du Museum où elle accueille depuis plus de 100 ans petits et grands Bordelais. Les autres spécimens seront présentés à tour de rôle lors d’expositions semi-permanentes ou temporaires.

Un écrin historique pour le Museum.

Il était important pour le Museum de Bordeaux de rester dans ce très bel édifice qu’est l’Hôtel de Lisleferme. Situé en plein cœur de Bordeaux, dans le Jardin Public, cet hôtel particulier abrite depuis 1862 les collections du Museum d’Histoire naturelle. Le bâtiment étant devenu vétuste et trop exigu, il était prioritaire de trouver des solutions pour moderniser la muséographie et mieux recevoir tous les publics.

Trois étages de collection pour mieux accueillir le public.

Mieux accueillir les publics, c’est par exemple leur proposer une médiation diversifiée qui permet de vivre un moment de convivialité et de mieux appréhender les collections. Ainsi les ateliers offrent au public la possibilité d’avoir un contact direct, tactile, avec certaines collections. A l’heure du virtuel, cette approche relationnelle, est un complément nécessaire et apprécié des jeunes comme des adultes.

Mieux accueillir les publics c’est aussi donner à réfléchir. L’axe de développement du nouveau parcours muséographique est « La nature vue par les hommes ». Il invite à la réflexion autour de la préservation de la Biodiversité et questionne sur la façon dont l’Homme a appréhendé cette nature.

Un Museum témoin de l’histoire.

A la vue de l’histoire de notre ville, le Museum prend tout son sens comme nouvel étendard de l’offre de culturelle et scientifique bordelaise. En effet, dès le XVe siècle, de nouveaux mondes sont découverts. Les voyages, dont l’objectif est commercial ou politique, ont atteint leur apogée à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle. Ils sont l’occasion d’observations naturalistes. Bordeaux est alors un port au cœur du négoce avec les colonies. À partir du XVIIIe siècle, les capitaines de navires apportent des échantillons d’Afrique, des Antilles et d’Amérique. Au XIXe siècle, des chirurgiens de marine, apothicaires et missionnaires, recueillent des spécimens en Extrême-Orient et en Océanie. La galerie du Museum permet d’évoquer ces voyages, de retracer l’histoire et de présenter la richesse de la diversité animale par continent.

Ici, l’histoire rencontre la modernité avec une vrai place faite au multimédia au cœur de la transmission du savoir. Le Museum se veut un lieu ludique qui parle à notre âme d’enfant et à notre esprit d’adulte.

A son échelle, Bordeaux participe au défi de la préservation de l’environnement. Le rôle du Museum sera ici primordial, comme outil de témoignage sur la richesse de notre patrimoine naturel et outil d’éducation sur la nécessité de le préserver.

Perspectives culturelles

En 2019, la municipalité consacrera 73, 845 millions d’euros pour la Culture et le Patrimoine (soit environ 300€/habitant). 200 associations sont aidées chaque année par la ville. Un sondage IFOP réalisé en 2018 place la culture en tête des perceptions positives chez les bordelais avec 81% d’indice de satisfaction.
Alors qu’Alain Juppé présentait aujourd’hui ses vœux à la presse, il est revenu sur plusieurs dossiers culturels que je développe dans ce billet, entre bilan et perspectives.

> 2018…

En 2018, environ 628 000 visiteurs se sont rendus dans les lieux culturels municipaux. A périmètre constant, la fréquentation est en hausse de 4,5% entre 2017 et 2018. Cette année a été marquée notamment par le succès de trois expositions en particulier : « Martin Szekely » au Musée des arts décoratifs et du design (prolongée), l’exposition « Légendes urbaine » à la base sous-marine mettant en lumière un quart de siècle d’art urbain et l’exposition « Jack London » et les mers du Sud au Musée d’Aquitaine.

La salle des fêtes du Grand Parc a rouvert ses portes en juin 2018 : elle a accueilli depuis son inauguration 47 manifestations qui représentent 13 500 personnes accueillies. Alors que les scénarii d’occupation les plus optimistes tablaient sur 60 à 70 événements accueillis durant la première année, ce sont au final 130 événements qui auront été organisés ou accueillis d’ici le 30 juin 2019.

L’année 2018 a aussi permis de mener à bien la procédure d’attribution de la DSP pour les alvéoles 1 à 5 de la Base Sous-Marine et c’est CulturEspaces. L’année 2019 sera consacrée à des travaux permettant d’inaugurer le lieu avec la première exposition numérique immersive à l’été 2020. En parallèle, l’annexe de la Base sous-marine (en gestion municipale) a confirmé son succès grand public, avec une fréquentation en nette hausse à 108 000 visiteurs.

> 2019

Pour bien démarrer l’année et répondre aux nouvelles pratiques des habitants, la bibliothèque de Bordeaux Mériadeck est ouverte le dimanche à partir du 13 janvier et jusqu’au printemps. C’était une promesse de campagne qui est tenue !

Saison « Liberté ! Bordeaux 2019 “.  L’ensemble des opérateurs culturels du territoire et les services culturels de la ville sont d’ores et déjà au travail afin de proposer une programmation estivale dense, ambitieuse artistiquement et destinée à tous les publics : « Liberté ! Bordeaux 2019 » qui se déroulera du 20 juin au 20 août 2019, avec un week-end inaugural partagé avec une Fête du fleuve revisitée et comme événement de clôture les dernières dates de tournée du théâtre équestre Zingaro (place des Quinconces). Quelques cartes blanches seront confiées à des artistes ou commissaires majeurs et inscrits dans de nombreux partenariats à l’échelle du territoire bordelais et national, José Manuel Gonçalvès (Directeur du 104), le collectif d’architectes « Yes we camp » qui bâtira un projet participatif à l’échelle d’Euratlantique ou encore l’artiste Gonzalo Borondo, à qui sera confié le Temple des Chartrons.

Poursuite de la livraison de nouveaux équipements. L’année à venir sera caractérisée par un grand nombre d’ouverture de nouveaux équipements/lieux :

-le muséum d’histoire naturelle sera inauguré le 30 mars ;
-les salles XX et XXIème du musée d’Aquitaine bouclant le parcours permanent à travers 600.000 ans d’histoire doivent également ouvrir dans le courant du mois de mars ;
-la bibliothèque de Caudéran ouvrira en juin 2019 ;
-Pola dont les activités enfin stabilisées rive droite aux entrepôts Pargade seront dévoilées au public progressivement et notamment à l’occasion de la prochaine saison culturelle « Liberté ! Bordeaux 2019 » à l’été 2019 ;

Des futurs travaux. L’effort de la ville en faveur des lieux culturels va se poursuivre entre 2018 et 2022. Quelques exemples :

-2019 sera ainsi une année de préparation du vaste chantier qui s’ouvre au Musée des arts décoratifs et du design afin d’en faire un lieu unique dédié au design à l’échelle nationale, via des travaux d’ampleur dans le bâtiment des anciennes prisons, rendus possibles par le mécénat exceptionnel du Château Haut-Bailly pour un montant de 2 millions d’euros.
-école du cirque : poursuite des études d’implantation de l’Ecole du Cirque sur son nouvel emplacement aux Aubiers
-Rock School Barbey : fin des études concernant la rénovation et l’extension des locaux de la Rock School pour démarrer une première phase de travaux ;
-pôle culturel Joliot Curie : dans le cadre du projet de rénovation urbaine de la Benauge, les études démarrent pour la construction d’un pôle culturel, à l’horizon 2025, élément central de la vie du futur quartier ;

L’Opéra national de Bordeaux renouvelle le contrat de son Directeur Général, Marc Minkowski, pour 3 ans à partir de septembre 2019. Sous son impulsion, cette maison propose une saison exceptionnelle, foisonnante et plurielle où de nombreux artistes d’envergure internationale sont présents, tels Angelin Preljocaj en ouverture avec son célèbre ballet « Blanche neige ».

La réflexion sur le devenir du CAPC, visant à réaffirmer la singularité de cet équipement qui restera bien sûr dédié à l’art contemporain et à la création, est terminée. Le recrutement de la direction sera lancé dès ce début d’année 2019 avec une note d’orientation prochainement rendue publique.

Enfin, plusieurs partenariats ambitieux, préparés en 2018, trouveront aussi leur application concrète en 2019 :

-le premier appel à projet commun portant sur des projets de création sur des formats innovants, entre Bordeaux Métropole, la Ville de Bordeaux et le Centre national de la cinématographie (CNC) a été lancé fin 2018 pour une sélection des lauréats en mars ;
-un partenariat avec le musée du Louvre, en lien avec le musée des beaux-arts de Bordeaux et le musée des arts décoratifs et du design, permettra de présenter l’une des grandes expositions de la Saison « Liberté ! Bordeaux2019 » dans la Galerie des Beaux Arts, autour de nombreux chefs d’œuvre nationaux ;
-le partenariat avec la Fondation Gandur trouvera aussi sa première expression au travers de l’exposition « Histoire de l’art cherche personnages… » présentée au CAPC ;
-le Centre international de la Bande Dessinée et de l’image d’Angoulême est un autre partenaire essentiel de cette exposition, en écho avec le travail de renforcement des liens Bordeaux/Angoulême ;
-le musée d’Aquitaine a enfin proposé de s’associer avec le musée du Quai Branly afin de mener des collaborations scientifiques et nourrir les expositions présentées dans ses murs ;

Une nouvelle fois : bonne année 2019 à tous !

A Bordeaux, création des “Bassins de Lumières” à la Base Sous-Marine

La Base sous-marine de Bordeaux est l’une des 5 bases construites sur le littoral atlantique par les forces d’occupation allemande. Symbole du quartier des Bassins à flot, ce gigantesque bunker est aujourd’hui un espace d’exposition atypique, géré par la ville de Bordeaux. Reconnu au niveau local, national et international le lieu est très apprécié du public, et visité chaque année par plus de 70 000 personnes. La Base sous-marine renforce la place du numérique dans sa programmation artistique, avec une exposition majeure d’art numérique chaque année et une expérience de visite repensée de manière plus participative.

En 2015, grâce à un atelier de travail présidé par Alain Juppé, la Ville de Bordeaux a imaginé pour la Base sous-marine un projet culturel global et ambitieux s’inscrivant dans le cadre de l’aménagement du nouveau quartier des Bassins à flot : la « Base 3 en 1 ». Ce choix vise à exploiter progressivement toutes les potentialités offertes par ce site  exceptionnel et monumental (l’Annexe, le lieu municipal d’expositions axé l’image; les alvéoles; le toit) en l’ouvrant plus fortement sur d’autres formes d’art et sur son quartier.

La “Base 3 en 1” se déploie étape par étape, en lien avec le développement du quartier des “Bassins à flot”, dont l’aménagement se poursuit tout autour et qui accueille de nombreux équipements culturels : la Cité du vin, le Musée de la mer et de la marine, un cinéma, les Vivres de l’Art, l’Iboat, le Pont Tournant, Ricochet Sonore… et bien sûr la Base sous-marine. 

 

En 2017, la ville a lancé un appel à projet pour l’aménagement, le développement et la gestion des alvéoles 1 à 4.
Ce projet, mené dans le cadre d’une délégation de service public concernera l’image, les arts numériques et le multimédia. Trois candidatures ont été déposées et deux candidats ont été admis en négociation. A la suite de cette procédure de mise en concurrence et de négociation, l’analyse des offres déposées a permis de vous proposer de retenir la candidature de Culturespaces.

La société Culturespaces

Culturespaces gère des monuments, musées et équipements culturels et a été créée en 1990. Elle intervient notamment via des délégations de service public pour la gestion de musées et centres d’art, comme le Musée Jacquemart-André, la Cité de l’Automobile, les Arènes de Nîmes, le Théâtre Antique d’Orange, le Château des Baux-de-Provence, la Villa Ephrussi de Rothschild, les Carrières de Lumières.  Elle a actuellement en gestion plus de 10 sites culturels dont au moins 2 dédiés à de la vidéo immersive, qui accueillent environ 2,8 millions de visiteurs.

En particulier, Culturespaces s’est distinguée récemment par l’ouverture à Paris des Ateliers de Lumières, qui depuis la mi avril proposent une exposition numérique immersive monumentale, avec des œuvres d’art numérisées projetées sur les murs et les sols, accompagnées de musique (300 000 visiteurs en 2 mois !)

Il s’agit d’une déclinaison du concept développé depuis 2012 aux Baux de Provence avec les Carrières de Lumière, sur la base du procédé déposé AMIEX® (Art & Music Immersive Experience), qui produit ces expositions. Ce lieu accueille environ 550 000 visiteurs par an.

A Bordeaux, création des “Bassins de Lumières”

Le projet proposé s’intitule les “Bassins de Lumières”. Il respecte l’identité architecturale monumentale de la Base sous-marine et permettra d’attirer de nouveaux publics, tant touristes et excursionnistes que bordelais. Il positionnera résolument Bordeaux sur le champ des nouvelles pratiques culturelles du grand public en lien avec le numérique.

Elle est aussi complémentaire des propositions que la Ville développe depuis plusieurs années à l’Annexe, positionnée sur les arts numériques mais avec des expositions thématiques et/ou à valeur curatoriale, qui attirent un public de plus en plus nombreux (déjà 52 000 visiteurs 2018 pour Digital Abysses et Légendes urbaines).

Plusieurs expositions seront présentées annuellement et simultanément : une grande exposition et une exposition courte, associées à une séquence de mise en valeur de la Base elle-même. Par ailleurs, un espace dédié à la présentation d’expositions de création contemporaine et un festival d’arts numériques seront créés en étroite liaison avec la ville.

La Ville a fixé comme tarif d’entrée plafond le tarif de 15 euros.

Ce sera soumis au conseil municipal du 17 septembre prochain, pour attribution définitive du contrat de concession de service public.  Sous réserve de l’approbation du Conseil municipal en septembre prochain, le candidat sera titulaire du contrat de délégation de service public et la remise des clefs est prévue pour le 2 novembre. Après une phase de travaux, l’ouverture au public est prévue entre le printemps et l’été 2020.

La programmation à l’Annexe en 2018/2019

L’Annexe quant à elle poursuit son activité en déplaçant son entrée à partir de 2019 (nouvelle entrée déjà visible), avec une programmation riche pour 2018-2019 :

– De juin à mi-septembre 2018 : Exposition Légendes urbaines, consacrée aux arts urbains (13 artistes invités in situ)

– D’octobre 2018 à début janvier 2019 : Exposition Médio Acqua (l’eau dans tous ses états avec des artistes émergents et confirmés proposant une série d’installations de vidéos et de sculptures)

– De mars à mai 2019 : Exposition d’arts numériques commissariée par Charles CARCOPINO

– De juin à septembre, dans le cadre de la Saison Liberté !2019 : Harry GUYAERT, Rivages et Vertigo Sea de John AKOMFRAH

– De octobre à janvier 2020 : Exposition monographique de Clément COGITORE

Pourquoi la réservation du pont de pierre aux déplacements doux est une bonne décision !

1. Depuis la fermeture du pont au automobilistes, y a t il moins de transit aux heures de pointe ?

Non, au contraire, il y a plus de passage aujourd’hui par le pont de Pierre aux heures de pointe qu’avant sa fermeture aux voitures :
Comme je l’ai précisé hier matin, le pont de pierre, avant sa fermeture aux voitures, était le 3ème bouchon de la métropole hors rocade, et ne représentait que 3% des franchissements de la Garonne à l’heure de pointe le matin entre la rive droite et la rive gauche, chiffre qui s’explique par la capacité très limitée du pont de pierre (seulement 500 véhicules/heure à l’heure de pointe).
Aujourd’hui, si on prend en compte les usagers tous modes (vélos, piétons, transports en commun), le pont de pierre est devenu le 3ème pont le plus utilisé le matin pour franchir la Garonne avec plus de 5000 personnes à l’heure de pointe du matin, de la rive droite vers la rive gauche: il est certes moins utilisé que le pont Mitterrand et que le pont d’Aquitaine (entre 6 et 7 000 personnes à l’heure de pointe), mais plus que le pont St Jean (4000 personnes) et que le pont Chaban-Delmas (moins de 2000 personnes).
Cette situation résulte d’un report modal important et de l’impact des mesures mises en oeuvre jusqu’ici dont certaines peuvent encore être optimisées:
On note d’abord un très fort report modal de la voiture vers le vélo et la marche à pied : les très fortes fréquentations cyclistes et piétons sur le pont de pierre observées à l’automne 2016 se sont confirmées. Pour les cyclistes, la fréquentation moyenne des jours ouvrés est située au-delà de 9.000 cyclistes/jour (moindre en cas de mauvais temps, mais beaucoup plus élevée par beau temps), soit une progression d’environ 20% liée à l’expérimentation.
Pour les piétons, la progression est encore plus forte : en juin, le pont a accueilli jusqu’à 7000 piétons/jour, auxquels il faut ajouter 800 joggeurs environ.
Ce report modal est cependant fragile : une enquête réalisée le 6 juin dernier auprès de plus de 1000 cyclistes et piétons a permis de mettre en avant qu’une part importante des cyclistes et piétons sur le pont (> 15%) ont abandonné la voiture grâce à l’expérimentation, ce qui permet d’éviter chaque jour plus de 3000 franchissements de la Garonne en voiture, mais que la très grande majorité (> 80%) reviendrait en arrière si le pont était rouvert à la circulation.
On observe aussi un impact positif sur les transports en commun avec une hausse très forte de la ligne A (+9% en 2017, et déjà, +8% sur les 4 premiers mois de 2018), hausse qui devrait s’amplifier avec le rajout de 2 trams supplémentaire par heure, toute la journée, de la rive droite vers la rive gauche à partir de la rentrée et une progression de 27% pour la ligne de bus 24.Le report vers le tram est facilité aussi par l’ajout de 100 places de P+R sur le parking Galin début juin ce qui permet à des personnes de reprendre le tram, ce qu’elles ne faisaient plus par manque de places de stationnement.
On note aussi un meilleur fonctionnement de la navette Arena pour desservir la grande salle de spectacle.

2. Quel impact pour les activités commerciales situées place Stalingrad, avenue Thiers et Jean Jaures et pour les usagers ?

Les deux enquêtes réalisées par la CCI auprès de 133 responsables de commerces, cafés, restaurants ou autres activités commerciales d’une part et auprès de 404 usagers de cet axe ont mis en évidence les éléments suivants :
-les responsables d’établissements commerciaux restent pour 67% d’entre eux, défavorables à l’expérimentation (mais 18% sont sans avis) et déclarent pour 54% d’entre eux avoir perdu du chiffre d’affaires (l’enquête s’appuyait sur le recueil de déclaration uniquement), les commerces de flux (tabac presse, pharmacie…) étant les plus impactés.
-les usagers de l’axe sont à l’inverse majoritairement pour laisser le pont fermé aux voitures. Seulement 14% d’entre eux se déplacent en voiture ou en deux roues motorisées, contre 24% en modes doux et 62% en transports en commun.
-l’attente la plus forte commune aux deux panels interrogés porte sur le stationnement et sur la capacité à circuler sur l’ensemble de l’axe.
Des mesures d’amélioration restent à optimiser.

3. La circulation s’est elle détériorée ou améliorée sur les autres axes ?

C’est une amélioration qui est observée grâce aux nouvelles mesures mises en place depuis janvier :
– la mise à 2×4 voies du pont Mitterrand depuis le 20 juin et l’ouverture récente de la nouvelle bretelle du pont St Jean ont permis de réduire les niveaux de congestion constatés à l’automne 2017 entre la rive droite et la rive gauche et de revenir à la situation observée à l’automne 2016, alors même que le nombre de déplacements a depuis lors fortement augmenté. Les gains observés sont importants, de l’ordre de 10 à 20% de temps de parcours en moins entre l’automne 2017 et le printemps 2018. En particulier, la bretelle du pont St Jean permet d’écouler 200 véhicules/heure en plus qu’en janvier.
Il faut noter, et c’est un élément très important pour Bordeaux, que si le plan d’actions circulation a donné de bons résultats en rive droite, l’afflux de véhicules supplémentaires en rive gauche a dégradé les gains qui y avaient été observés à l’automne 2017. Les véhicules en plus qui pénètrent rive gauche font que, sur le cours Victor Hugo notamment, la circulation est toujours meilleure qu’à l’automne 2016 mais un peu moins bonne qu’à l’automne 2017.
Il faut aussi prendre en compte les nouvelles mesures positives sur la rocade qui sont prévues dans les mois à venir pour continuer à améliorer la situation.
Les travaux de la trémie rive gauche du futur pont Simone Veil causent aujourd’hui des difficultés mais doivent s’achever au printemps 2019.
Reste sur les quais rive gauche l’optimisation sans doute possible des travaux de transformation de l’autoroute actuelle en boulevard urbain, transformation indispensable et prévue depuis 2008.

4. La qualité de l’air s’est elle améliorée ?

La ville a demandé à l’ATMO Nouvelle Aquitaine (ex Airaq) une étude complète qui met en évidence les éléments suivants : la pollution de l’air (NO2 = dioxyde d’azote, polluant fortement corrélé au trafic routier) a fortement diminué sur l’avenue Thiers et le cours Victor Hugo.
En revanche, on observe une dégradation sur le boulevard Joliot Curie, mais globalement, il y a plus de gagnants que de perdants, compte tenu de la densité de population plus forte sur le 1er périmètre (15.650 habitants) que sur le second (9.390 habitants). Par ailleurs, l’amélioration progressive du parc de véhicules et la mise à la casse des véhicules de plus de 20 ans (les «non classés» au sens de la pastille Crit’air) va aussi jouer un rôle favorable pour tous : les projections de l’ATMO à 5 ans à trafic constant prévoient une baisse des émissions de 18% environ.

5. Que pensent les Bordelais ?

Depuis la mise en ligne du sondage Sud Ouest depuis le 22 juin, le pourcentage en faveur du maintien de la fermeture du pont de Pierre aux voitures ne cesse de progresser (plus de 60% d’avis favorable à la fermeture).

Pour terminer, il faut préciser que toutes les solutions alternatives ont été étudiées (réouverture partielle, réouverture sur un seul sens, autorisation de circuler pour les scooters électriques, voitures électriques, en autopartage…) et présentent toutes un impact plus négatif que positif.

Immobilier : construire différemment mais CONSTRUIRE !

Aujourd’hui, Alain Juppé a convoqué un Conseil exceptionnel de Bordeaux Métropole afin d’évoquer la politique du logement et la pression immobilière à l’œuvre dans notre ville, afin de mesurer précisément la situation et surtout d’adopter un plan d’actions cohérent dans les années à venir. L’enjeu est majeur : grandir, continuer d’accueillir de nouveaux habitants en proposant des logements accessibles à tous les ménages. J’ai souhaité vous en parler ici, en faisant un bilan de la situation et en rappelant nos mesures qui visent à construire pour répondre aux différentes formes de demandes.

Flambée des prix : oui à l’achat, non à la location

En matière d’immobilier neuf : après une période de stagnation, les chiffres des promoteurs font apparaitre une hausse de 7% amenant le prix moyen du m² neuf aux alentours de 3800€ sur Bordeaux. La première couronne reste aussi attractive et ce n’est qu’en s’éloignant en deuxième couronne qu’on voit les prix baisser légèrement. Par ailleurs, les stocks à commercialiser baissent ce qui signe un temps de commercialisation raccourci, lui-même témoignant de l’attractivité soutenue de notre marché. La question du prix du foncier reste centrale ; le marché est si attractif que tous les promoteurs cherchent à s’y implanter. Ainsi tout foncier mis sur le marché reçoit parfois jusqu’à 50 propositions d’achat (!!!), incitant les propriétaires à valoriser au maximum leur bien, et les promoteurs à surenchérir pour capter le bien. De plus, les promoteurs calculent leurs équilibres sur la base des densités maximales du PLU, bien que sachant que la réalité est toujours inférieure, compte tenu notamment des exigences des riverains lors des concertations.

Une conférence du foncier, pilotée par mon collègue Jacques Mangon, propose de travailler sur ces deux problèmes, en appelant les promoteurs à une régulation, à travailler plus en amont des négociations avec les maires afin de déterminer les densités admissibles, puisque celles du PLU ne sont pas appliquées de fait. Dans le cadre de la conférence du foncier, est actuellement évoquée la possibilité d’appliquer la valeur vénale du bien pour négocier les prix (moins chère que la valeur projet la plupart du temps) et d’une préemption métropolitaine dès lors que le prix serait au-delà de 140% de cette valeur vénale, pour limiter les possibilités d’envol des prix. Il sera nécessaire toutefois de vérifier que cela n’aboutit pas à de la rétention foncière…

Le travail mené par la métropole, notamment pour favoriser l’accession maîtrisée, permet toutefois de produire une offre à un prix plus compatible avec les capacités financières des acquéreurs (20 à 30% moins cher que le marché, sous les 3000€/m²). Ceci se fait toutefois en luttant constamment avec les opérateurs pour conserver les prestations et superficies attendues malgré les prix de sortie contenus, pression qui devra être maintenue sous peine de créer pour l’avenir de notre agglomération un parc de logements peu qualitatifs…

Un nécessaire rééquilibrage entre propriétaires occupants et investisseurs permettrait de limiter l’envol des prix. Pour autant, les investisseurs assurent aujourd’hui un volume d’offre qui répond aux besoins de la métropole, qui doit s’organiser pour accueillir l’augmentation constante de la population. Il s’agit donc de trouver le bon équilibre pour ne pas provoquer une pénurie et une hausse des prix plus forte encore.

En matière d’immobilier ancien : nous avons peu de prises sur ces questions qui restent du domaine de l’offre privée et fonctionnent selon la loi de l’offre et de la demande, qui s’avère forte aujourd’hui au vu de l’attractivité du territoire. Toutefois les observateurs (notaires notamment) rapportent en effet des hausses spectaculaires des prix au m² selon la localisation, en particulier sur Bordeaux Centre et les communes/quartiers résidentiels.

En matière de marché locatif : il faut rappelé que l’observatoire des loyers a montré une certaine stabilité des prix moyens de l’offre sur le territoire (environ 11€/m² en secteur privé – avec des pointes à 13/15€ pour les petits logements, contre environ 5 à 6€/m² en logement social).

Pour mémoire, depuis la loi Alur (2014), les hausses des loyers à la relocation sont encadrées et ne peuvent donc plus « flamber ». C’est uniquement sur les premières mises en location que l’on peut donc trouver des dérapages mais bien entendu elles ne représentent qu’une faible part du marché. C’est pourquoi à ce jour il n’est pas apparu utile de mettre en place un encadrement des loyers. En effet, cette mesure mise en place uniquement à Paris et Lille, a fait l’objet d’un bilan mitigé : environ 50% de non respect de la mesure sur Paris, plutôt aux alentours de 25% sur Lille, avec en contrepartie un investissement important des communes en matière de moyens de contrôle (ressources humaines notamment). De plus, il est rappelé que le tribunal administratif vient d’annuler les dispositifs lillois puis parisien…

En revanche, on peut considérer que le marché souffre davantage de pénurie de biens que de hausse exagérée des loyers.

De fait aujourd’hui nous manquons beaucoup d’offre quelque soit les superficies concernées (T1/T2 ou famille).C’est plus sur le fait de dégager de l’offre (par exemple en limitant les possibilités de réaliser des locations Airbnb) que sur les prix qu’il semble aujourd’hui opportun d’agir pour améliorer la situation actuelle.

Un objectif majeur : développer les différentes offres

En matière de logement social : la question de la production de logement social ne fait plus tellement débat au sein de la métropole : toutes les communes ont réalisé les efforts nécessaires à une amélioration de leur situation au regard de la loi SRU (25% en 2025), avec des résultats d’autant plus probants que la commune est petite (effet de masse). Nous avons toutefois toujours une file d’attente de 26 000 demandeurs d’attribution d’un logement social… Le besoin reste donc fort (il correspond à 8 à 10 ans de production neuve) et la métropole poursuit sa politique volontariste, avec près de 3500 logements autorisés chaque année (plus d’1/3 de l’offre Nouvelle Aquitaine).

Cette politique pourrait toutefois être mise à mal par les récentes décisions nationales : baisses des aides de l’état « aide à la pierre » dès 2017 de 20% au niveau national, ponction sur les budgets des bailleurs sociaux via l’obligation de baisser les loyers, incitation voire obligation de la vente HLM, qui pourrait venir amoindrir le parc existant et donc l’offre actuelle…

En matière de logement étudiant : dans le cadre d’une croissance continue des effectifs étudiants ces dernières années (+39% en 15 ans), la problématique du logement étudiant est particulièrement prégnante cette année. Pour mémoire, la spécificité est la décorrélation entre les lieux d’études et de résidence qui place la ville centre, déjà soumise à de grosses pressions en matière de logement, dans une situation de pénurie forte, malgré un développement fort du logement étudiant conventionné sur la ville.

En matière de prospective, le besoin global devrait suivre la même tendance sur les années à venir (+30% dans d’ici 2030, soit une prévision de 120 000 étudiants sur la métropole).

Il convient donc de poursuivre le développement de l’offre conventionnée (loyers intermédiaires entre logement social et logement libre) tout en surveillant celui de l’offre privée (résidence étudiante), trop chère pour les budgets des étudiants et créant ainsi de la fracture sociale. Concernant le logement en diffus privé, nous espérons que l’intervention sur le phénomène AirBnb (cf infra) permettra de recréer une part d’offre supplémentaire.

En matière de logement privé ancien: sans que l’on soit aujourd’hui en réelle capacité d’estimer le volume de façon fiable, le phénomène Airbnb et autres plateformes s’est développé de façon exponentielle sur Bordeaux avec l’explosion de l’attractivité notamment touristique de la ville.

Si le principe de location ponctuelle de sa résidence principale ne pose pas de problème, en revanche pour des propriétaires investisseurs le rendement de ce mode locatif est bien plus élevé que dans une location classique avec un bail à moyen ou long terme, même avec des périodes de location plus faibles, et le bien reste quand même libre pour un usage personnel en résidence secondaire. Ce phénomène étant concomitant avec les difficultés de logement rencontrées notamment par les étudiants, voire les familles, il semble évident qu’il a eu pour conséquence une éviction d’une partie de l’offre traditionnelle au profit des courts séjours.

Ce phénomène est désormais encadré par des délibérations métropolitaines et municipales, qui permettront dès la mise en œuvre de l’équipe dédiée (mars prochain), à la fois de mieux connaître et caractériser la tendance, et surtout de la limiter.

En matière de logement privé neuf : beaucoup de programmes sont prévus dans les grandes opérations d’aménagement sur Bordeaux (Bassins à flot, Ginko, Brazza, Niel, Eurtlantique…) qui permettront de continuer à alimenter l’offre nouvelle, en sachant que la part des investisseurs reste forte, là où l’on souhaiterait plus de primo accédants, qui garantissent notamment un meilleur entretien des biens, et une implication plus grande dans la vie de quartier.

La question du rythme de production de ces opérations est toutefois posée.

Lors de sa dernière conférence, et en accord avec les courriers qu’elle nous avait adressés, la Fédération des Promoteurs Immobiliers a annoncé vouloir davantage cibler ce public d’accédants, ce qui est plutôt une bonne nouvelle. Cela pourrait limiter les surenchères dans ce domaine. Leur volonté restera toutefois à évaluer sur le long terme… Parallèlement, Ville de Bordeaux et la Métropole, avec leurs dispositifs d’aide aux primo-accédants conditionnée à la labellisation des biens à prix contenus sous 3000€, ont réussi à faire émerger une offre croissante au sein des opérations neuves (près de 2900 logements labellisés depuis la mise en place, 400 en 2017).

Cette flambée des prix de l’immobilier à Bordeaux est une preuve et une contrepartie du succès de notre ville. Ni l’angélisme libéral, ni le catastrophisme résigné de sont des solutions. Pour maîtriser le marché de l’immobilier, implacablement organisé autour de la loi de l’offre et de la demande, Bordeaux doit construire différemment mais CONSTRUIRE pour contenir les prix !