Toc toc toc

Alors que nous sommes de plus en plus habitués à suivre la politique derrière nos écrans, j’ai décidé, pour ne rien changer à mes habitudes, de battre le pavé pour que les électeurs puissent enfin voter pour un député qu’ils connaissent ! 

Toc toc toc…

Grâce aux militants, qui ne lâchent rien, le rythme du porte-à-porte s’intensifie : tandis que les habitués marchent d’un pas rapide d’une maison à une autre en battant tous les records de portes ouvertes et francs échanges, les novices découvrent quant à eux la joie que procure une discussion entre voisins-concitoyens ! 

Avec les militants qui ont accepté de rejoindre l’aventure – et que je ne remercierai d’ailleurs jamais assez – nous avons déjà frappé à 1200 portes ! 

D’ici le 12 juin, nous allons continuer à venir à votre rencontre, devant chez vous, que ce soit en porte-à-porte ou réunion coin de rue quotidien : à votre écoute est le maître mot de cette campagne !

Un café avec…

Terrain terrain terrain ! Nous ne comptons plus le nombre de cafés déjà bus, avec vous depuis le début de la campagne ! J’aime ces temps d’échanges avec commerçants et habitants, accoudé au comptoir ou autour d’une table en terrasse, à évoquer avec vous des difficultés du quotidien, des idées que vous souhaitez partager, à croiser des jeunes qui souhaitent « rencontrer un homme politique ». Ces échanges sont riches d’enseignements pour moi et me permettront de toujours mieux vous représenter à l’Assemblée Nationale !

Retrouvez moi chaque matin dans un café différent de la circo. 

A bicyclette…

Vous l’avez sûrement peut-être déjà vu : plus aucune rue de la circo n’a de secret pour notre triporteur de campagne tandis que mon vélo électrique comptabilise déjà 280 km au compteur ! Notre campagne se veut joyeuse…et sportive !

Soutien sans faille

Le terrain est indispensable, mais le soutien de ceux qui ne peuvent se libérer pour arpenter la circo avec nous est tout aussi important !  Vous êtes plus de 1900 membres à avoir rejoint notre comité de soutien : la dynamique ne faiblit pas, ensemble nous allons créer la surprise ! Merci à vous toutes et tous qui rendez cela possible.

Cette forte dynamique rend cette campagne intense mais n’est pas une nouveauté pour moi : dès mon premier mandat en tant que maire-adjoint du quartier Nansouty, en 2008, j’ai pris l’habitude de venir sonner aux portes de mon quartier, pour mieux vous connaître, échanger, me faire engueuler parfois.

Et cela ne changera pas si vous me faites confiance les 12 et 19 juin prochain !

Un projet présidentiel

Le jeudi 17 mars est une date importante : c’est l’annonce du programme présidentielle d’Emmanuel Macron. Un programme bâti sur la bienveillance, l’équilibre et l’audace, qui propose aux Françaises et aux Français 4 pactes : européen, productif, entre les générations et républicain. Des engagements qui visent à renforcer l’indépendance de la France et à unir plus fortement la société.

Pour que la France demeure une nation indépendante au gré des crises que nous vivons, Emmanuel Macron souhaite une consolidation de la défense européenne, une augmentation du nombre de réservistes mais aussi un nouveau pacte entre l’armée et la Nation.

En vérité, l’indépendance du pays ne passe pas uniquement par le renforcement de nos forces armées. Elle passe par notre indépendance alimentaire, productive mais aussi énergétique. Pour cela, le candidat souhaite mettre en place une loi d’orientation et d’avenir agricole mais aussi intensifier au niveau européen le plan protéines. Nous continuerons bien entendu à investir dans les secteurs d’avenir et d’innovation. Sur le plan énergétique, la transition passe par la rénovation thermique des bâtiments, l’accès aux véhicules propres à l’ensemble de nos concitoyens, mais aussi la mise en place d’une stratégie industrielle 100% française.

Pour une société plus unie, nous souhaitons faire de l’égalité femmes-hommes, la grande cause de ce quinquennat. Pour cela, mise en place d’un pôle juridictionnel spécialisé dans les violences conjugales, généralisation du système de plainte en ligne et hors du commissariat et instauration d’un droit à la garde jusqu’à 12 ans pour les familles monoparentales. Cette cause est pour nous essentielle.  

 

L’école est bien entendu au cœur de notre programme. Pour les enfants, 30 minutes de sport quotidiennes seront généralisées et l’apprentissage des mathématiques sera renforcé. La lutte contre le harcèlement sera intensifiée et les inégalités seront combattues à la source. Une école plus inclusive est essentielle pour l’épanouissement de nos enfants. Pour les professeurs, Emmanuel Macron souhaite une revalorisation de leur salaire avec de nouvelles missions.

Parce que le bien-être d’une société passe par l’épanouissement des jeunes mais aussi de nos ainés, nous souhaitons mettre en place un minimum de 1100 euros pour les retraites et repousser progressivement l’âge de départ à 65 ans, avec des possibilité d’un départ anticipé (avec retraite complète) en fonction de la pénibilité. Le travail de toute une vie doit être reconnu et récompensé. Notre souhait est aussi de lutter contre le chômage des séniors et faciliter leur réintégration dans le monde du travail pour leur deuxième carrière.

Concernant notre système de santé qui a été mis à rude épreuve lors de ces deux dernières années, nous souhaitons assumer un renfort massif dans les déserts médicaux, faire un choc de simplification à l’hôpital, améliorer l’accès aux soins d’urgence mais aussi aider les médecins pour leur permettre de prendre plus de patients.

La mise en place d’un pacte républicain est essentielle à nos yeux. Cela passe par une maitrise de notre immigration. Pour cela, protection des frontières européennes communes, meilleur accueil, refonte du droit d’asile pour réduire les délais, respect de nos lois et meilleure intégration sont au centre de la politique qui sera la nôtre en matière d’immigration.

Enfin, la simplification de l’État est primordiale. La déconcentration des services publics et la coopération entre les différents échelons territoriaux vont dans ce sens. Nous créerons un conseiller territorial qui siègera à la région et au département pour plus de proximité et d’efficacité.

Ce projet ne sera pas financé par une augmentation des impôts qui continueront au contraire de baisser. Il ne le sera pas non plus par une augmentation de la dette.

Ce projet est celui d’Emmanuel Macron, il est le seul qui revêt un caractère réaliste et ambitieux, un caractère présidentiel.

Pouvoir d’achat: le vrai bilan!

Alors que l’élection présidentielle approche à grands pas et que certains s’empressent de lancer des polémiques stériles, j’ai envie de parler d’un sujet qui préoccupe réellement les Français : le pouvoir d’achat -avec le moins de chiffres possible, promis !

Il est de bon ton, pour l’opposition, de remettre en cause le bilan du Gouvernement sur ce sujet précis. Hélas, les faits sont têtus : baisses d’impôts, suppression de la taxe d’habitation, défiscalisation des heures supplémentaires, prise en charge à 100% des frais dentaires et optiques, rehaussement de nombreux minima sociaux…  Tel est le réel bilan de la majorité présidentielle à l’orée de cette campagne présidentielle qui s’annonce déjà virulente. Mais parlons des faits, rien que des faits.

Premier axe pour redonner du pouvoir d’achat aux Français : s’assurer que le travail paye mieux. Pour cela : baisse d’impôt sur le travail, aides spécifiques pour les travailleurs les plus modestes, les « primes Macron », ou encore la revalorisation du salaire des agents du service public. Autant de mesures qui visent à rendre le travail de nouveau attractif. Ces politiques récompensant le travail ont engendré la création de plus d’1 million d’emplois depuis le début du quinquennat. Parce que oui, l’augmentation du pouvoir d’achat passe par le travail.

L’augmentation du pouvoir d’achat passe également par l’accompagnement de nos concitoyens dans les grosses dépenses du quotidien. Parce que les plus modestes n’ont pas le contrôle sur l’inflation, parce le coût de la transition écologique est élevé, des mesures ont été mises en place pour ne laisser personne sur le bord de la route. Des décisions ont été également prises pour bloquer la hausse des prix des carburants engendrée par la reprise économique mondiale.

Alors que certains Français renoncent aux soins optiques ou dentaires pour des raisons économiques, le Gouvernement a établi un ensemble de soins remboursés à 100% par l’assurance maladie. Concernant la transition écologique, un passe vélo ou encore une aide à l’achat d’un véhicule électrique ont été proposés aux Français.

Ce quinquennat a aussi fait la part belle aux jeunes. « 1 jeune, 1 solution » a été la mesure phare de ce mandat en direction des jeunes, incitant notamment les entreprises à recruter les moins de 25 ans.

Le chômage chez les moins de 25 ans a diminué de 14%.

Cette politique en direction de la jeunesse s’est faite de concert avec une politique en direction de nos aînés : augmentation de leur pouvoir d’achat et facilitation du recours aux aides à domicile ont été au centre des politiques menées.

Pour finir, et parce que ce sujet nous concerne tous : ce quinquennat a été marqué par une crise sanitaire qui a eu un impact conséquent sur notre économie. Malgré cela, la France s’en sort mieux que les autres. PGE, France Relance ou encore fonds de solidarité, ont permis à la France de retrouver sa compétitivité d’avant crise avec un taux de croissance record.

Alors il est de bon ton de critiquer le Gouvernement, d’autant plus dans cette période où les nombreuses velléités présidentielles s’expriment. Mais ce bilan, rapidement brossé, atteste d’une réalité tout autre, à condition de faire preuve d’un peu d’honnêteté intellectuelle…

 

Statu quo bordelais

Les élections régionales et départementales parachèvent le cycle ouvert en 2020 avec les élections municipales. À Bordeaux, comme partout en France, le temps de l’analyse est venu.

Je ne reviendrais pas sur le contexte économique, sanitaire ou politique, ni même sur les causes de l’abstention pour me borner à tirer des enseignements locaux.

Je lis sous la plume de nombreux commentateurs et responsables politiques des mots qui me choquent : « large victoire », « 1er parti de France »… Avons-nous déjà oublié que les Françaises et les Français ont boudé cette élection comme jamais, et que cette indifférence est sans doute le plus grand péril qui pèse sur notre République ? Dans une démocratie, les récriminations comme les espoirs doivent s’exprimer dans les urnes sans quoi, la faible représentativité des élus remet en cause la notion même de régime démocratique.

Par ailleurs, je suis toujours aussi sceptique en écoutant les raisonnements de ceux qui analysent le climat municipal bordelais à la lumière des résultats de cette élection. Soyons prudents : ne confondons pas les scrutins, les contextes et les candidats. Mais il n’est pas interdit de faire quelques constats.

Pour ma part, je tire trois leçons bordelaises de cette élection :

-Bordeaux est une ville sociologiquement de gauche. Mais est-ce une révolution ? Depuis 25 ans, aucun Président de la République ou candidat de droite n’a été majoritaire à Bordeaux lors des élections présidentielles.

 
-aux élections régionales, les scores de la droite et du centre sont conformes aux étiages habituels : 60/40. Là encore, pas de révolution. Une vérité que nous devons tous accepter en revanche : on ne fera rien les uns sans les autres, et surtout pas reconquérir Bordeaux en 2026 si des guerres intestines s’organisent. J’ai toujours été un partisan de l’union et je suis renforcé dans cette conviction aujourd’hui. Unis (au 1er tour…), nous gagnons ; divisés, nous perdons.

-aux élections départementales, rien de bien nouveau non plus : 3 cantons à gauche et 2 cantons au centre et à droite. Il faut noter en revanche un rééquilibrage des forces de gauche au profit des écologistes qui existeront durablement, et dont l’entente avec les socialistes est en trompe-l’œil.

En prenant du recul, l’honnêteté impose donc de reconnaître que ces élections confirment un statut quo politique à Bordeaux, dans le droit fil des élections municipales. Un an après notre défaite, les positions de chacun se stabilisent. Pour toutes celles et ceux qui, comme moi, prônent l’alternance, il nous reste 5 années pour rebâtir notre organisation, gagner la bataille des idées, se rassembler et gagner. Au travail.

Nouvelle-Aquitaine : lettre aux Bordelaises et aux Bordelais

Chère Bordelaise, Cher Bordelais,
 
Les 20 et 27 juin prochains, nous voterons pour élire nos conseillers régionaux et décider de l’avenir de notre belle région Nouvelle-Aquitaine.
 
De nombreux services publics qui rythment notre vie quotidienne sont gérés par la Région : les TER et les bus régionaux, le soutien aux entreprises, les lycées, la protection de la nature, le tourisme, la culture et le sport…
 
Ces sujets sont importants pour Bordeaux : voici pourquoi j’ai décidé de m‘engager aux côtés de la ministre Geneviève Darrieussecq en figurant en 3ème position sur sa liste en Gironde.
 
Vous le savez, je crois au dépassement des clivages partisans et à la force de l’union, comme je l’ai appris aux côtés d’Alain Juppé. Précisément, Geneviève Darrieussecq incarne ce dépassement : elle est à la tête d’un large rassemblement modéré, de la gauche progressiste à de la droite constructive. 
 
Geneviève Darrieussecq, c’est aussi l’expérience d’un parcours, fille d’agriculteurs des Landes, médecin et ancienne maire de Mont-de-Marsan : une élue locale enracinée avec laquelle je partage les valeurs humanistes, faites de respect, de goût pour l’échange et de volonté d’améliorer la vie quotidienne.
 
Geneviève Darrieussecq, c’est une vision pour la Nouvelle-Aquitaine et la Gironde, trop souvent écartelées entre d’exceptionnelles ressources environnementales qu’il nous faut protéger, de puissants atouts économiques, de l’industrie au monde viticole en passant par le numérique et le commerce, et de profondes fractures sociales et géographiques qu’il est urgent de soigner.
 
Geneviève Darrieussecq, c’est enfin l’attachement – intime et intransigeant – aux principes qui fondent notre République : garantir partout et pour tous le droit à la sécurité, défendre la laïcité.
 
En votant pour la liste conduite par Geneviève Darrieussecq, vous me permettrez de porter la voix de Bordeaux à la Région afin de relever plusieurs défis majeurs :
 
-améliorer la mobilité, en accélérant le projet de RER métropolitain et en développant le transport sur la Garonne ;
-rééquilibrer les aides économiques régionales au bénéfice des artisans, commerçants, TPE et PME ;
-garantir la sécurité dans les transports et devant les lycées de Bordeaux (présence humaine, vidéoprotection…);
-soutenir la transition écologique (notamment de notre viticulture) ;
-faire (enfin !) le pari des énergies renouvelables, comme l’hydrogène sur l’ex-site Ford à Blanquefort;
-soutenir la relance culturelle et repenser complètement le fonctionnement de la Maison de l’économie créative en Nouvelle-Aquitaine (MECA) pour l’ouvrir aux artistes (ateliers, résidences, concerts…) ;
 
J’aurais bientôt l’occasion de vous présenter plus en détails notre ambition pour la région et notre projet pour Bordeaux.
 
Enfin, vous connaissez mon goût pour la proximité, aussi je m’engage à bâtir une Région plus proche, résolument à l’écoute de notre quotidien, plus ferme aussi quand il s’agit de combattre les dérives qui abîment notre société.
 
Ce changement de cap est possible si la région Nouvelle-Aquitaine se réinvente, après 25 ans de présidence unique. Avec cette question à laquelle devra répondre le président sortant : un cinquième mandat de six ans, est-ce bien raisonnable ?
 
Demain, vous pourrez compter sur moi pour vous représenter à la Région comme je vous représente au Conseil Municipal de Bordeaux depuis 13 ans, avec écoute et détermination, au service de Bordeaux.
 
Fidèlement,
 
Fabien Robert

Bordeaux, 28 juin – 28 décembre : 6 mois pour rien

Après la victoire surprise de Pierre Hurmic, nous nous attendions tous, soutiens comme adversaires, à vivre une rupture politique profonde. D’une part, car son élection mit fin à 73 ans de continuité municipale à Bordeaux. D’autre part, en raison des 25 années de réflexion et de préparation qu’il passa dans l’opposition. Enfin, car son programme était suffisamment radical pour s’adjoindre le soutien du Parti Communiste ou de Génération.s. 

Nous sommes le 28 décembre, 6 mois se sont écoulés jour pour jour, c’est-à-dire une période suffisante pour se faire un avis, sans qu’il soit pour autant définitif. 

Même en faisant preuve objectivité et en tenant compte de la crise sanitaire que nous traversons, j’entends dorénavant les mêmes doutes et le même constat tout autour de moi : aucun souffle nouveau, aucun projet emblématique et tellement de maladresses… Les Bordelaises et les Bordelais, jusque-là bienveillants pour la plupart, commencent à percevoir la réalité et l’expriment.

Pour ma part, je résumerai ces 6 mois en 3 mots : renoncement, indigence et amateurisme.

Renoncement d’abord, la liste est longue : de vente du stade MATMUT et de démission du Président Longuépée il n’est plus question ; le moratoire sur les nouveaux projets immobiliers est devenu un simple droit d’inventaire sans interruption de travaux ; la promesse « 0 artificialisation des sols » n’est qu’un souvenir puisque le PLU (plan local d’urbanisme) n’a pas changé d’un iota et que 244 permis de construite ont été délivrés depuis l’élection du nouveau Maire ; les indemnités des élus ne « baisseront » que de 10% en cas d’absentéisme ; des décisions se prennent sans concertation (comme la mise en sens unique de la rue de Bègles et du cours de la Somme…) et les Conseils de quartier ne se réunissent plus, même virtuellement.

Bien sûr, quelques actions isolées ont été mises en œuvre comme le guichet unique pour accompagner les TPE ou bien encore la clôture de la concertation légale pour l’aménagement du site de La Jallère (des actions que nous avons d’ailleurs soutenues). La ville est péniblement administrée mais elle n’est pas gouvernée : aucune ambition nouvelle ne s’exprime, aucune vision d’ensemble n’est partagée.

Je suis d’ailleurs frappé par l’indigence et le manque de sérieux dont fait preuve cette nouvelle équipe municipale. Je prendrai 4 exemples emblématiques pour illustrer mon propos :

-Sécurité : pour beaucoup de Bordelaises et de Bordelais, la sécurité est la priorité majeure. Après avoir refusé un Conseil Municipal dédié à cette question, refusé d’étendre la vidéo-protection et refusé un débat sur l’armement de la Police Municipale, le Maire ne nous a toujours pas communiqué la liste exhaustive des mesures concrètes déployées pour garantir la sécurité de tous. D’ailleurs, aucun nouveau poste de policier municipal n’a été créé alors que nous en avions recruté 29 ces dernières années ;

-Végétalisation : alors que « Bordeaux Respire » promettait une véritable révolution végétale, Pierre Hurmic a annoncé la plantation de 1619 arbres seulement dans l’année à venir. Nous en proposions 3000 par an dans le plan canopée adopté en 2019 et la Métropole s’apprête à en planter 100 000 par an ! Manque d’ambition criant, même sur ce sujet pourtant si vert.

-Économie : l’expérimentation du dispositif « 0 chômeur de longue durée », présentée comme une mesure miracle, ne touchera que quelques dizaines (centaines ?) de personnes dans certains quartiers de Bordeaux, une réponse symbolique bien en deçà de l’enjeu. Parallèlement à cela, notre indispensable agence de développement économique « Invest in Bordeaux », malgré un bilan remarquable et salué de tous, est déstabilisée par une réduction budgétaire, au point que son Président décide de démissionner ;

-Immobilier : je me suis déjà longuement exprimé sur le gadget que représente l’encadrement des loyers qui a prouvé son inefficacité à toutes les époques et dans plusieurs villes ;

L’impréparation de la nouvelle équipe explique sans doute l’amateurisme qui entoure l’action municipale depuis 6 mois. Si l’on pense tous à la suppression du sapin de Noël et la polémique qui suivit, cette bourde est loin d’être isolée. Ajoutons : le tweet irrespectueux de Pierre Hurmic en « hommage » à Jacques Chaban-Delmas ; le vote du budget décalé à mars 2021 et des associations privées d’avance sur leur subvention ; des travaux sur le restaurant « Le 4ème mur » qui défigurent le Grand Théâtre; la perte du sommet Afrique-France parti à Montpellier ; dernièrement, la lettre infantilisante du Maire aux habitants de plus de 60 ans a provoqué un véritable tollé…

Comme je le disais plus haut, les Bordelaises et les Bordelais commencent à percevoir cette situation et plus encore le style du nouveau Maire, provocateur, agressif parfois, maladroit systématiquement et plus à l’aise pour nous dire ce qu’il ne va pas faire que ce qu’il va faire.

Face à cette insatisfaction montante, la crise sanitaire est une justification récurrente dans la bouche du Maire. Il y a une part de vérité mais il force le trait. Bientôt, il expliquera, malgré les évidences, que la situation financière de la ville est mauvaise. Bref, ce n’est jamais sa faute. Pourtant, les faits sont têtus : récemment, jamais un Maire de Bordeaux n’a eu autant de pouvoir. Mairie, Métropole (sans cogestion), Département et Région : Pierre Hurmic et ses amis ont tous les leviers.

Ce bilan à 6 mois, ce sont les acteurs de la ville, dont certains soutenaient Pierre Hurmic, qui en parlent le mieux :  le collectif Trans’Cub se sent trahie par la nouvelle équipe municipale et métropolitaine ; Philippe Barre, patron de Darwin dénonce des promesses non tenues de la part de Pierre Hurmic, notamment en matière d’urbanisme ; les Ultra pestent contre « l’absence totale de fiabilité et de cohérence » de la Mairie au sujet des Girondins…

Certains me trouveront sans doute trop sévère. Croyez bien que j’espère me tromper, je suis cependant très inquiet pour le devenir de notre ville. Petit à petit, et de manière presque indolore, cette nouvelle gouvernance municipale a une conséquence majeure : notre ville se replie sur elle-même, gouvernée par une idéologie qui promeut la décroissance et l’isolement. Cette trajectoire est celle du déclin, et elle est profondément contraire à l’histoire et à l’âme de Bordeaux.

L’encadrement des loyers : une fausse bonne idée

C’est le professeur d’économie Assar Lindbeck qui a dit : « Le contrôle des loyers est le moyen le plus efficace de détruire une ville, avec le bombardement ». Son jugement est radical mais étayé, scientifiquement, et surtout il se fonde sur une réalité historique : en France, la précédente expérience d’encadrement des loyers a duré de 1914 à 1948. Les conséquences sur le marché locatif et sur l’offre de logements furent catastrophiques avec notamment un effondrement de la production.

L’histoire va-t-elle se répéter à Bordeaux ?

L’encadrement des loyers est une fausse bonne idée qui ne résoudra pas les difficultés de français pour trouver un logement abordable.

Oui, le poids du loyer est trop important pour certaines familles. Mais les loyers sont déjà encadrés ! Selon l’A’urba, entre 2015 et 2018, les loyers n’ont augmenté que de 0,6% par an sur la métropole bordelaise car leur révision annuelle est calculée à partir de l’indice de référence du logement (IRL). Ce dernier est lui-même calculé sur la base de l’inflation laquelle est très basse en ce moment. Par ailleurs, l’encadrement des loyers à la relocation s’applique : le loyer du nouveau locataire ne peut excéder celui du précédent.

De plus, toute mesure d’encadrement des loyers sera contournée, difficilement applicable et pire, elle n’a pas prouvé son efficacité.

D’abord, certains logements ne seront pas soumis à l’encadrement des loyers : ceux faisant l’objet d’une première location et ceux inoccupés depuis plus de 18 mois. Ensuite, une autre façon légale d’éviter l’encadrement est de choisir la location meublée avec des plafonds de loyer supérieurs de 10 à 15%.

Par ailleurs, la loi permet de s’affranchir de la règle de l’encadrement grâce au fameux « complément de loyer ». Sans que rien ne dise, dans les textes, comment il est calculé. Donc vous estimez vous-même si votre logement justifie un « sur-loyer » :  un balcon, la présence d’une station de tram proche, une cuisine américaine ou un appartement exceptionnellement lumineux… une faille majeure qui amènera de graves dérives

Cette mesure sera ensuite difficile à faire appliquer par le manque de moyen de contrôle : à Paris, les loyers ont certes baissé de 2,6 points au second semestre 2019. Cette évolution résulte de la peur du contrôle. Mais les loyers sont repartis à la hausse: + 1,6 % de janvier à mai 2020. Les propriétaires se sont rendu compte qu’il n’y avait pas de police des loyers… Le dispositif de sanctions repose uniquement sur les signalements par les locataires.

Justement, en cas de conflit, seul le locataire, une fois le bail signé, peut attaquer le propriétaire. Très difficile pour les autorités de se saisir d’un dossier sur la base d’une simple annonce. Imaginez donc : vous cherchez un appartement pendant des semaines, vous signez le bail… et vous attaquez votre propriétaire ? C’est peu probable. Selon mes informations, seulement 21 locataires, depuis le 1er juillet, ont saisi la commission départementale de conciliation à Paris…

Enfin, c’est une mesure qui n’a pas prouvé son efficacité à Paris justement. Depuis le 1er juillet 2019, la capitale à (re)lancer l’encadrement des loyers. Or, 15 mois plus tard, ce dispositif n’a pas totalement prouvé son efficacité. Les loyers ont-ils ralenti comme promis ? Oui, mais seulement durant les six mois qui ont suivi l’entrée en vigueur du dispositif, selon une étude de Meilleurs Agents et du Figaro. SeLoger.com a constaté, de son côté, des prix à la baisse à partir de juillet 2019. Mais cette baisse est identique à l’an passé, sans l’encadrement. C’est un effet saisonnier et non une tendance générale. Leboncoin, leader des annonces de particuliers, assure ne pas observer « de baisse significative sur les loyers parisiens depuis juillet ».

Et pour cause : actuellement à Paris, on estime qu’un logement sur deux seulement respecte la loi. Parmi les propriétaires ne respectant pas l’encadrement, tous ne sont pas des fraudeurs !  Certains n’ont pas le choix et doivent augmenter leur loyer pour ne pas perdre de l’argent, du fait de la “faible” rentabilité (ce n’est pas un gros mot !) actuellement à Paris.

En résumé, on peut s’attendre avec cette mesure, au mieux, à un effet très limité, au pire à une mesure-gadget qui produira des effets pervers attestés partout où elle a été mise en œuvre.

En effet, l’immobilier locatif a besoin d’être encouragé pour continuer à séduire. Or, la fixation administrative des loyers, en faisant fuir les petits propriétaires, est une catastrophe pour le marché locatif privé qui ne pourra plus assurer son rôle de premier bailleur de France.

La baisse des rendements locatifs résultant du plafonnement des loyers pourrait inciter certains bailleurs à limiter l’entretien de leur patrimoine. Pire, cela pourrait ralentir l’effort nécessaire pour isoler les logements et favoriser l’étalement urbain car les investisseurs iront bâtir aux portes de la métropole. Quel paradoxe !

En réalité, vouloir maîtriser les loyers suppose une analyse multifactorielle dans laquelle la question de l’encadrement, déjà existant, n’est qu’un des aspects du problème.

La politique du logement mérite une vraie vision et non une mesure d’affichage, très politique et sans efficacité réelle prouvée. Cette annonce dirigiste ne permettra pas, à elle seule, d’aider les plus modestes si, en parallèle, la construction de logement n’est pas réellement soutenue.

Ce que nous devons craindre, demain, ce n’est plus tant la hausse des loyers, c’est la pénurie de logement.

L’exigence des actes

Après l’horreur et la colère, le recueillement.

Après le recueillement, l’appel aux actes.

La vague d’émotion qui traverse la France est grande mais cette fois, les françaises et les français exigent des actes. C’est la raison pour laquelle il faut saluer la réaction rapide du Gouvernement.

Dès le 2 octobre dernier, le Président de la République avait fermement dénoncé l’inacceptable dans un discours marquant. Une loi pour lutter contre le séparatisme sera bientôt débattue au Parlement. Mais comment agir ? Par où commencer ?

D’abord, il faut dire qu’aucune la loi ne pourra jamais empêcher l’acte isolé d’un déséquilibré ou d’un fanatique. Le terrorisme est une forme d’insurrection que le droit ne pourra jamais totalement empêcher. Ce n’est pas de la résignation mais de la lucidité. Aussi grande que soit l’émotion actuelle, il nous faut résister collectivement à la tentation de « trop en faire ». Rien ne serait pire des paroles qui s’envolent encore.

Ensuite, il faut faire appliquer les lois actuelles. L’expulsion de centaines d’extrémistes annoncée par le Ministre Gérald Darmanin va dans ce sens. Dans la continuité de cette décision, des lieux et des associations (islamistes mais pas seulement, d’autres formes de sectarisme prospèrent aujourd’hui en France…) doivent être fermés. En France, toutes les doctrines ou croyances contraires aux valeurs de la République doivent être interdites.

Enfin, face aux dérives d’un monde qui n’est plus celui de 1905, la loi sur la laïcité doit changer ou être complétée.  Il faut s’attaquer aux racines du mal, là où il prospère dangereusement, en protégeant l’école et en assainissant les réseaux sociaux.

A l’école de la République, la laïcité doit être strictement respectée. Si un enfant refuse d’entrer dans un édifice religieux dans le cadre d’une sortie scolaire, si une petite fille est interdite de piscine car elle ne doit pas se dévêtir devant les garçons, si un parent se plaint injustement d’un enseignement (tous ces exemples sont tirés de faits réels), alors la communauté éducative ne doit pas être seule pour faire face. La loi doit ouvrir la possibilité d’un signalement et d’une convocation immédiate de la famille par les autorités pour un rappel à la loi (suivi éventuellement de sanctions plus fermes en cas de récidive).

Sur les réseaux sociaux, l’anonymat est un poison. Je plaide depuis longtemps pour que l’ouverture d’un compte soit conditionnée à la justification d’une identité. De plus, il n’est pas acceptable qu’un message manifestement illégal ne soit retiré qu’après 4 à 6 mois de procédure judiciaire. La loi doit imposer aux opérateurs une réactivité beaucoup plus grande sous peine de pénalités sonnantes et trébuchantes.

Certains trouveront ces deux propositions utopiques. Je crois au contraire qu’elles sont absolument réalistes et surtout indispensables pour agir à long terme et non réagir au coup par coup. Nous avons bien réussi à quasiment éradiquer la pédo-pornographique du web, avec de la volonté… Aucune loi ne sera totalement efficace si les réseaux sociaux demeurent une zone de non-droit où l’on piétine les valeurs de la République sans être inquiété.

Ces propositions qui concernent l’école et le web sont bien sûr largement incomplètes face à l’ampleur de la tâche. Mais elles me semblent correspondre à des priorités évidentes.