
Avec la disparition de Didier Cazabonne, c’est toute une époque de la vie politique bordelaise, girondine et régionale qui s’éteint.
Durant plus de quarante ans, Didier a servi notre territoire avec une fidélité et un engagement exemplaire. Adjoint au maire de Bordeaux, conseiller régional, vice-président de la Communauté urbaine de Bordeaux, il a accompagné les grandes étapes de l’histoire de notre ville aux côtés de Jacques Chaban-Delmas puis d’Alain Juppé.
Il fut également, pendant de nombreuses années, l’une des figures essentielles de notre famille politique centriste, quels que soient les noms qu’elle a successivement portés : Centre démocrate, Force démocrate, UDF, puis Mouvement démocrate. Président de cette famille politique en Gironde, il fut mon prédécesseur dans cette responsabilité, qu’il exerça avec constance, loyauté et une profonde humanité.
Mais Didier n’était pas un homme politique comme les autres.
Il était avant tout un homme affable, attentionné, profondément vrai. Toujours précautionneux avec les autres, il savait accorder à chacun une attention particulière. Il n’oubliait jamais un anniversaire. Il ne manquait jamais une occasion de prendre des nouvelles, de témoigner son affection ou de manifester son amitié.
On dit parfois qu’un responsable politique n’a pas d’ennemis, je crois que Didier n’avait pas même d’adversaires. Il n’avait, au fond, que des amis qui, sans être toujours d’accord avec lui, le respectaient profondément, autant qu’il les respectait lui-même.
Didier fut aussi la première personne à m’accueillir à la mairie de Bordeaux lorsque je suis devenu adjoint au maire, alors qu’il exerçait déjà cette fonction. Je n’oublierai jamais sa bienveillance, ses conseils, son sourire et cette manière si particulière qu’il avait de vous mettre immédiatement à l’aise. Aujourd’hui, il va beaucoup, profondément, me manquer.
Je veux avoir une pensée toute particulière pour sa famille et, bien sûr, pour son frère jumeau, Alain.
Comment partir lorsque l’autre reste ? Comment rester lorsqu’une partie de soi s’en va ? Je sais combien Alain sera blessé, meurtri jusque dans sa chair par cette séparation. Je veux lui dire, au nom du Mouvement démocrate de Gironde, au nom de toute notre famille politique et en mon nom personnel, que nous sommes à ses côtés. Nos pensées l’accompagnent dans cette épreuve immense, comme elles accompagnent tous les proches de Didier.
Notre tristesse est profonde. Mais je crois aussi que personne ne meurt jamais tout à fait.
Didier continuera de vivre dans le modèle qu’il nous laisse et que nous nous efforcerons de perpétuer. Il vivra dans nos souvenirs, dans nos conversations, dans toutes ces histoires et ces anecdotes qu’il aimait raconter : celles de Jacques Chaban-Delmas, celles de la vie politique bordelaise, mais aussi celles des films de Louis de Funès, des partis de tennis qu’il évoquait avec tant de plaisir. En racontant encore ces histoires, en nous souvenant de son rire, de sa fidélité et de sa bonté, nous continuerons de faire vivre sa pensée et son âme parmi nous.
Didier était la preuve vivante que la politique n’est pas nécessairement une affaire de violence, de concurrence, de calcul ou de haine. Il nous rappelait que l’on peut s’engager, convaincre et agir sans jamais renoncer à la délicatesse, à la bienveillance et au respect des autres.
Il était l’incarnation vivante cette pensée de Marc Aurèle :
« La douceur est invincible. »
Au nom du Mouvement démocrate de Gironde et en mon nom personnel, je présente à Alain, à toute sa famille et à tous ceux qui l’aimaient mes condoléances les plus sincères et les plus émues.


