Perspectives culturelles

En 2019, la municipalité consacrera 73, 845 millions d’euros pour la Culture et le Patrimoine (soit environ 300€/habitant). 200 associations sont aidées chaque année par la ville. Un sondage IFOP réalisé en 2018 place la culture en tête des perceptions positives chez les bordelais avec 81% d’indice de satisfaction.
Alors qu’Alain Juppé présentait aujourd’hui ses vœux à la presse, il est revenu sur plusieurs dossiers culturels que je développe dans ce billet, entre bilan et perspectives.

> 2018…

En 2018, environ 628 000 visiteurs se sont rendus dans les lieux culturels municipaux. A périmètre constant, la fréquentation est en hausse de 4,5% entre 2017 et 2018. Cette année a été marquée notamment par le succès de trois expositions en particulier : « Martin Szekely » au Musée des arts décoratifs et du design (prolongée), l’exposition « Légendes urbaine » à la base sous-marine mettant en lumière un quart de siècle d’art urbain et l’exposition « Jack London » et les mers du Sud au Musée d’Aquitaine.

La salle des fêtes du Grand Parc a rouvert ses portes en juin 2018 : elle a accueilli depuis son inauguration 47 manifestations qui représentent 13 500 personnes accueillies. Alors que les scénarii d’occupation les plus optimistes tablaient sur 60 à 70 événements accueillis durant la première année, ce sont au final 130 événements qui auront été organisés ou accueillis d’ici le 30 juin 2019.

L’année 2018 a aussi permis de mener à bien la procédure d’attribution de la DSP pour les alvéoles 1 à 5 de la Base Sous-Marine et c’est CulturEspaces. L’année 2019 sera consacrée à des travaux permettant d’inaugurer le lieu avec la première exposition numérique immersive à l’été 2020. En parallèle, l’annexe de la Base sous-marine (en gestion municipale) a confirmé son succès grand public, avec une fréquentation en nette hausse à 108 000 visiteurs.

> 2019

Pour bien démarrer l’année et répondre aux nouvelles pratiques des habitants, la bibliothèque de Bordeaux Mériadeck est ouverte le dimanche à partir du 13 janvier et jusqu’au printemps. C’était une promesse de campagne qui est tenue !

Saison « Liberté ! Bordeaux 2019 “.  L’ensemble des opérateurs culturels du territoire et les services culturels de la ville sont d’ores et déjà au travail afin de proposer une programmation estivale dense, ambitieuse artistiquement et destinée à tous les publics : « Liberté ! Bordeaux 2019 » qui se déroulera du 20 juin au 20 août 2019, avec un week-end inaugural partagé avec une Fête du fleuve revisitée et comme événement de clôture les dernières dates de tournée du théâtre équestre Zingaro (place des Quinconces). Quelques cartes blanches seront confiées à des artistes ou commissaires majeurs et inscrits dans de nombreux partenariats à l’échelle du territoire bordelais et national, José Manuel Gonçalvès (Directeur du 104), le collectif d’architectes « Yes we camp » qui bâtira un projet participatif à l’échelle d’Euratlantique ou encore l’artiste Gonzalo Borondo, à qui sera confié le Temple des Chartrons.

Poursuite de la livraison de nouveaux équipements. L’année à venir sera caractérisée par un grand nombre d’ouverture de nouveaux équipements/lieux :

-le muséum d’histoire naturelle sera inauguré le 30 mars ;
-les salles XX et XXIème du musée d’Aquitaine bouclant le parcours permanent à travers 600.000 ans d’histoire doivent également ouvrir dans le courant du mois de mars ;
-la bibliothèque de Caudéran ouvrira en juin 2019 ;
-Pola dont les activités enfin stabilisées rive droite aux entrepôts Pargade seront dévoilées au public progressivement et notamment à l’occasion de la prochaine saison culturelle « Liberté ! Bordeaux 2019 » à l’été 2019 ;

Des futurs travaux. L’effort de la ville en faveur des lieux culturels va se poursuivre entre 2018 et 2022. Quelques exemples :

-2019 sera ainsi une année de préparation du vaste chantier qui s’ouvre au Musée des arts décoratifs et du design afin d’en faire un lieu unique dédié au design à l’échelle nationale, via des travaux d’ampleur dans le bâtiment des anciennes prisons, rendus possibles par le mécénat exceptionnel du Château Haut-Bailly pour un montant de 2 millions d’euros.
-école du cirque : poursuite des études d’implantation de l’Ecole du Cirque sur son nouvel emplacement aux Aubiers
-Rock School Barbey : fin des études concernant la rénovation et l’extension des locaux de la Rock School pour démarrer une première phase de travaux ;
-pôle culturel Joliot Curie : dans le cadre du projet de rénovation urbaine de la Benauge, les études démarrent pour la construction d’un pôle culturel, à l’horizon 2025, élément central de la vie du futur quartier ;

L’Opéra national de Bordeaux renouvelle le contrat de son Directeur Général, Marc Minkowski, pour 3 ans à partir de septembre 2019. Sous son impulsion, cette maison propose une saison exceptionnelle, foisonnante et plurielle où de nombreux artistes d’envergure internationale sont présents, tels Angelin Preljocaj en ouverture avec son célèbre ballet « Blanche neige ».

La réflexion sur le devenir du CAPC, visant à réaffirmer la singularité de cet équipement qui restera bien sûr dédié à l’art contemporain et à la création, est terminée. Le recrutement de la direction sera lancé dès ce début d’année 2019 avec une note d’orientation prochainement rendue publique.

Enfin, plusieurs partenariats ambitieux, préparés en 2018, trouveront aussi leur application concrète en 2019 :

-le premier appel à projet commun portant sur des projets de création sur des formats innovants, entre Bordeaux Métropole, la Ville de Bordeaux et le Centre national de la cinématographie (CNC) a été lancé fin 2018 pour une sélection des lauréats en mars ;
-un partenariat avec le musée du Louvre, en lien avec le musée des beaux-arts de Bordeaux et le musée des arts décoratifs et du design, permettra de présenter l’une des grandes expositions de la Saison « Liberté ! Bordeaux2019 » dans la Galerie des Beaux Arts, autour de nombreux chefs d’œuvre nationaux ;
-le partenariat avec la Fondation Gandur trouvera aussi sa première expression au travers de l’exposition « Histoire de l’art cherche personnages… » présentée au CAPC ;
-le Centre international de la Bande Dessinée et de l’image d’Angoulême est un autre partenaire essentiel de cette exposition, en écho avec le travail de renforcement des liens Bordeaux/Angoulême ;
-le musée d’Aquitaine a enfin proposé de s’associer avec le musée du Quai Branly afin de mener des collaborations scientifiques et nourrir les expositions présentées dans ses murs ;

Une nouvelle fois : bonne année 2019 à tous !

Michel de Montaigne au Musée d’Aquitaine ?

“Cette année 1592 mourut Michel seigneur de Montaigne agé de 59 ans ans et demy à Montaigne. Son cœur fut mit dans l’église Saint Michel et Françoise de La Chasagne dame de Montaigne sa vefve fit porter son corps à Bourdeaux et le fit enterrer an l’église des Feuillans où elle luy fit faire un tombeau eslevé et acheta pour cela la fondation de l’esglise “

Ephemeris historica, Livre de raison de Montaigne, 16e s., Michael Beuther, Michel Fézandat et Robert Granjon impr. (Paris)

Michel de Montaigne est sans doute le personnage français le plus universel, et le bordelais le plus illustre. Récemment, les équipes du Musée d’Aquitaine ont découvert un tombeau dans les sous-sols du musée contenant un cercueil en bois avec une plaque en cuivre doré portant le nom de Michel de Montaigne ainsi que la présence de restes humains. Afin de vérifier s’il s’agit bien du caveau du philosophe, Alain Juppé, Maire de Bordeaux et Président de Bordeaux Métropole, a annoncé ce vendredi 16 novembre le lancement de recherches archéologiques et anthropologiques majeures.

Que savons-nous de ce caveau et des multiples translations des restes de Montaigne ?

– Michel de Montaigne est décède en 1592 en son château de Saint Michel de Montaigne ;

– En 1593, le cercueil est installé dans la chapelle du couvent des Feuillants à Bordeaux, à l’emplacement du musée d’Aquitaine ;

– En 1603 le cénotaphe et le cercueil sont installés dans l’église rénovée des Feuillants ;

– En 1802, le couvent des Feuillants est remplacé par le lycée ; le cénotaphe et le cercueil sont alors installés dans la chapelle du lycée, qui est incendiée en 1871 ;

– Les restes de Montaigne sont provisoirement transportés au dépositoire du cimetière de la Chartreuse ;

– En 1886, les restes sont une nouvelle fois déplacés dans la nouvelle faculté des lettres et des sciences dont on achève la construction, à l’emplacement de l’ancien couvent des Feuillants. Le tombeau réalisé par l’architecte Charles Durand pour le compte de la Ville de Bordeaux est alors placé presque à l’aplomb du cénotaphe, qui lui-même est installé dans le hall de la faculté ;

Depuis cette date, le tombeau n’a jamais été ouvert et la mémoire de la présence du corps de Michel de Montaigne s’est progressivement estompée… Lors de l’inauguration de la restauration du cénotaphe de Michel de Montaigne en mars 2018, j’ai pu constater que les scientifiques présents n’avaient plus idée de la localisation de ses restes.

Quelles sont là où les personnes qui sont inhumées dans ce tombeau ? S’agit-il de Michel de Montaigne ? Est-ce que le faisceau d’indices relatifs au tombeau de Michel de Montaigne seront confirmés ou infirmés ?

Pour répondre à ces questions, Montaigne lui-même nous a montré la voie dans ses célèbres Essais (III,,XIII De l’expérience) : « Il n’est de désir plus naturel que le désir de connaissance. Nous essayons tous les moyens qui nous y peuvent mener. Quand la raison nous manque, nous y employons l’expérience qui est un moyen plus faible et moins digne ; mais la vérité est chose si grande, que nous ne devons dédaigner aucune entremise qui nous y conduise. » Le Musée d’Aquitaine va mener à bien des recherches archéologiques en ne négligeant rien afin de mieux comprendre l’origine de ce tombeau.

Il est trop tôt pour dire si nous avons effectivement redécouvert les restes de Michel de Montaigne. Mais cette investigation permettra de connaître l’histoire du site et de ses différents occupants (couvent des Antonins, couvent des Feuillants, section révolutionnaire Michel de Montaigne, lycée, université, siège de la communauté d’agglomération et musée). La permanence de Michel de Montaigne est une véritable épine dorsale historique et symbolique de ce lieu durant plus de 400 ans. Ses différents habitants avec des usages et des fonctions très diverses (religieux, révolutionnaires, universitaires, conservateurs de musée) se revendiquent de Montaigne comme humaniste, comme progressiste, comme modéré, comme penseur, comme écrivain, comme un homme dans la pensée et l’action sont sans cesse d’actualité.

Ces recherches nous permettront aussi de renforcer le projet scientifique du musée d’Aquitaine traitant de sujets de société en s’appuyant sur ses collections (une des plus riches collections de France avec plus d’un million trois cent mille pièces), la prochaine étape étant l’ouverture des espaces consacrés à l’histoire du XXe et du XXIe siècle de Bordeaux et de l’Aquitaine en mars 2019. Le musée d’Aquitaine est le premier musée en terme de fréquentation de la région Nouvelle-Aquitaine, 143 000 visiteurs en 2017.

Montaigne à Bordeaux. Il faut souligner que ce nouveau chantier vient s’ajouter aux nombreuses actions que la ville de Bordeaux a initiées pour honorer et faire perdurer la mémoire de Michel de Montaigne. Ainsi, le prix littéraire Montaigne récompense chaque année un écrivain exprimant pour notre temps l’humanisme et l’attachement à la liberté de l’esprit. La restauration du cénotaphe de Michel de Montaigne s’est achevée en mars 2018 et la bibliothèque municipale porte le projet de le classement à l’Unesco de l’exemplaire des Essais de Montaigne, manuscrit annoté de la main de Montaigne.

Conférence de presse de rentrée d’Alain Juppé : le point sur la politique culturelle

L’offre culturelle bordelaise est le fruit d’un alliage exceptionnel entre patrimoine, rénovation urbaine et nouvelle dynamique culturelle. Elle est aujourd’hui caractérisée par une forte vitalité, révélant un véritable « laboratoire culturel bordelais » fondé sur l’ouverture de nouveaux lieux. Nos concitoyens, interrogés par un sondage IFOP en mai dernier ne s’y trompent pas en plaçant la culture (l’offre culturelle et les grands événements culturels) en tête de leur perception des politiques municipales avec respectivement 81 et 82% de d’indice de satisfaction. Ce très beau résultat est le fruit d’un travail passionné conduit par l’ensemble des artistes, associations et lieux du territoire.

En 2018, 82 actions du Document d’Orientation Culturelle (DOC) sont réalisées et 26 actions en cours (sur un total de 111 actions répertoriées).

> Bilan

Le bilan estival 2018 se clôt sur une forte fréquentation dans les établissements culturels municipaux : 122 470 visiteurs en juin/juillet/août (contre 116 250 en 2017), marqué notamment par le succès des trois expositions en particulier : « Martin Szekely » au Musée des arts décoratifs et du design (prolongée), l’exposition « Légendes urbaine » à la base sous-marine mettant en lumière un quart de siècle d’art urbain et l’exposition « Jack London » et les mers du Sud au Musée d’Aquitaine. Les opérateurs culturels du territoire, en particulier les festivals de musique n’ont pas été en reste, proposant un nombre de dates diversifié et dans des lieux nouveaux ou connus, tels Bordeaux Open Air, l’Orangeade ou encore Relâche.

Premier d’une liste importante de nouveaux lieux culturels municipaux à ouvrir dans les mois qui viennent, la salle des fêtes du grand parc a rouvert ses portes en juin, dans une logique de co-construction de la programmation avec le quartier. Parmi les nouveaux équiepements, citons également l’installation très réussie du centre de développement chorégraphique national à la Manufacture.

Enfin, en attendant l’ouverture de la bibliothèque de Caudéran au printemps 2019, en vous avez souhaité que la bibliothèque Mériadeck ouvre ses portes certains dimanches, la concertation avec les personnels se poursuit (objectif : janvier 2019).

>Perspectives

L’année à venir sera en effet caractérisée par un grand nombre d’ouverture de nouveaux équipements municipaux ou soutenus par la ville :

-la bibliothèque de Caudéran précédemment citée ;

-le muséum d’histoire naturelle hélas frappé par les intempéries de mai dernier dont l’ouverture se déroulera au printemps prochain ;

-les salles XXIème du musée d’Aquitaine (janvier 2019) bouclant le parcours permanent à travers 600.000 ans d’histoire ;

Pola dont les activités enfin stabilisées rive droite aux entrepôts Pargade seront dévoilées au public à l’occasion de la prochaine saison culturelle à l’été 2019 ;

En effet, l’ensemble des opérateurs culturels du territoire et les services culturels de la ville sont d’ores et déjà au travail afin de proposer une programmation estivale dense, ambitieuse artistiquement et destinée à tous les publics : « Liberté ! Bordeaux 2019 » qui se déroulera du 15 juin au 15 août 2018, avec un week-end inaugural partagé avec une Fête du fleuve revisitée et comme événement de clôture les dernières dates de tournée du théâtre équestre Zingaro (place des Quinconces). Quelques cartes blanches sont confiées à des artistes ou commissaires majeurs tels Raphaël Pichon (ensemble baroque Pygmalion) ou José Manuel Gonçalvès (Directeur du 104).

Le travail de développement ou de consolidation des équipements culturels municipaux se poursuit également via la réflexion en cours lancée autour du CAPC, visant à réaffirmer la singularité de cet équipement qui restera bien sûr dédié à l’art contemporain et à la création (lancement du recrutement à l’automne, après la phase de réflexion collective actuellement en cours) ou encore avec le vaste chantier qui s’ouvre au Musée des arts décoratifs et du design afin d’en faire un lieu unique dédié au design à l’échelle nationale, via des travaux d’ampleur dans le bâtiment des anciennes prisons, rendus possibles par le mécénat exceptionnel du Château Haut-Bailly pour un montant de 2 millions d’euros (confirmé). Plusieurs partenariats ambitieux avec des institutions nationales sont également en cours de consolidation : la Cité Internationale de la BD ou encore le Centre national de la Cinématographie (CNC) avec lequel une convention tripartite ville-métropole-Etat sera délibérée au prochain Conseil Municipal.

Le prochain conseil municipal sera également l’occasion de présenter l’ambitieux projet de DSP à la base sous-marine mettant en œuvre un projet unique de valorisation patrimoniale à travers les arts numériques, dédié à un large public et présenté en articulation avec la programmation d’exposition de l’annexe de la base-marine qui se poursuit avec beaucoup de succès comme évoqué précédemment.

L’éducation artistique et culturelle continuera par ailleurs d’être une priorité de la ville de Bordeaux, en lien notamment avec le développement d’un programme de chant choral porté par le conservatoire dans les écoles, en partenariat avec le rectorat, outre la finalisation du projet Demos piloté par l’Opéra national de Bordeaux qui ouvre une saison exceptionnelle, foisonnante et plurielle où de nombreux artistes d’envergure internationale seront présents, tels Angelin Preljocaj qui ouvre la saison avec son célèbre ballet « Blanche neige ».

Entre 2018 et 2022, la ville poursuivra ses efforts en faveur des établissements culturels et du patrimoine puisque 57 millions seront dédiés à la culture dans notre plan pluriannuel d’investissements.

Vérités d’été

Lille, Lyon, Nantes et aujourd’hui Bordeaux[1] : aucune cité ne réussit véritablement sa transformation sans une forte dimension culturelle ou, pire, si ses habitants ont une opinion négative de leur lieu de vie. Je ne parle pas seulement d’excellence artistique, encore que Bordeaux soit reconnue en musique, littérature ou architecture, et plus récemment pour les arts urbains ou le cinéma, je parle de culture, dans une acception fédératrice.

Cette dimension résulte d’un alliage entre héritage et volonté politique, ce qui la rend partout unique. Chez nous, c’est un patrimoine matériel et immatériel exceptionnel mis en valeur par une rénovation urbaine réussie qui permet une dynamique culturelle nouvelle. Dans des espaces publics rénovés, (re)découvrir un monument restauré, assister aux nombreux concerts et performances en plein air, pousser la porte d’une des nombreuses librairies ou bien celle d’un théâtre, d’un musée, naviguer sur le fleuve, goûter la gastronomie du Sud-Ouest, sentir l’esprit des Lumières et comprendre pourquoi Bordeaux est toujours une ville de tolérance, ouverte sur le monde… tout cela, cette âme, revêt un caractère éminemment culturel qui nous rend tous, je crois, joyeux et même fiers d’être bordelais.

Cette réalité a aussi ses détracteurs, ses rabat-joie, notamment Vincent Feltesse et ses “amis” socialistes. Comment pourrait-il en être autrement de la part d’une gauche toujours convaincue d’avoir le monopole du juste et du beau, qui se pense la plus apte à comprendre car la plus sensible à l’art et, humblement, la plus instruite. Qu’avez-vous fait pour tant de biens ? Vous vous êtes donné la peine d’être de gauche” aurait dit Beaumarchais…

saison culturelle paysage musée art decoratif design robert
saison culturelle paysage musée art decoratif design robert

Aucune surprise donc lorsque j’ai lu cette affirmation d’imprécateur : « Après une forme

de nouveau souffle en matière culturelle (merci…), l’oxygène vient à manquer ». La légitimité de Vincent Feltesse sur ce sujet aurait dû le conduire à plus de prudence, au risque de reproduire le mémorable résultat de 2014. Car, depuis qu’il a déclaré ce secteur comme sinistré lors des élections, il brille par son silence et son manque d’initiative depuis 3 ans, comme en témoigne notamment sa présence au Comité de suivi du Document d’Orientation Culturelle ou au Conseil d’Administration de l’Opéra : 0 %. Pas une seule présence. Voilà qui est symptomatique d’une attitude : se préoccuper moins du sujet lui-même que du profit politique que l’on pense en retirer. Personne n’est dupe, heureusement.

En réalité, je ne suis pas mécontent de ces attaques. Que les élus socialistes se sentent l’obligation de critiquer est rassurant : cela en dit long sur le développement culturel que connait Bordeaux, une menace qui pèse sur ce que la gauche pense être sa « chasse gardée ».

N’aimant pas répondre d’instinct à la polémique, je prends le temps. L’été, c’est précisément ce moment où l’on prend du temps pour des futilités, afin de remettre les choses à leur juste place –ce qui est toujours plus long qu’installer le désordre- sans quoi, comme chacun sait, de la calomnie il subsiste toujours quelque chose.

Chaque année, la municipalité consacre plus de 70 millions d’euros pour la Culture et le Patrimoine (330 € /habitant). 750 agents municipaux bâtissent cette politique. Ce n’est pas exactement rien.vignette_habitant
Depuis 10 ans, les lieux se transforment : construction des Archives, de l’Auditorium, rénovation du Musée d’Aquitaine, Cité du Vin… Et demain : rénovation du Muséum, de la salle des fêtes du Grand Parc, construction de la médiathèque de Caudéran… Malgré le contexte sécuritaire et économique, un public toujours plus nombreux (+20% en 10 ans, 613 304 visiteurs en 2016, cf. tableau ci-dessous) atteste de l’attractivité des musées[2]. 2/3 des visites sont gratuites, comme partout en France. Le prix d’entrée n’est donc pas un obstacle grâce à une grille tarifaire adaptée.
Soulignons des points forts : la Base voit sa fréquentation augmenter, avec un projet (en cours) dédié à la projection vidéo afin d’ouvrir davantage ce lieu unique ; le Musée d’Aquitaine est le 1er musée d’histoire de France selon le journal des Arts ; le Musée des Beaux-Arts est 26ème dans ce même classement (45ème l’an dernier) ; le Musée des Arts Décoratifs et du Design (+ 19% de fréquentation) possède un potentiel inexploité avec l’ouverture et la rénovation de la prison ; pour leCAPC, la fréquentation n’est pas le bon critère car ce lieu nous fait découvrir les talents de demain. Leonor Antunes ou Naufus Ramirez Figueroa, montrés à Bordeaux, sont exposés à Venise et Lion d’Or 2017, Franz Erhardt Walter, a été montré dans la nef. Défricher, une mission critiquée mais nécessaire.

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Pour ce qu’il est convenu d’appeler « les arts de la scène », la ville est le 1er financeur de presque tous les théâtres publics, à l’exception du TnBA, Centre Dramatique National. L’enveloppe qui leur est consacrée a augmenté de 7% depuis 2014.
La fréquentation du TnBA est excellente grâce au travail de C. Marnas. Bien qu’il n’échappe pas aux tensions que connait le spectacle vivant, son projet se stabilise autour de grands axes spécifiques : création et diffusion s’équilibrent, avec une place particulière pour les équipes locales.
L’Opéra National de Bordeaux, dirigé par un artiste majeur, M. Minkowski, développe de nouveaux partenariats avec des lieux d’excellence (Opéra-comique, Fenice…) et sa fréquentation augmente (4% en 2016/17). Inutile de nier les difficultés que rencontre cette maison, communes à presque tous les opéras. Mais la Direction et les financeurs travaillent sérieusement à la définition d’un modèle soutenable économiquement, sans rien perdre de notre excellence. La recrutement d’un nouveau Directeur de la Danse est lancé.
La Manufacture Atlantique se transforme pour devenir un pôle de création contemporaine pluridisciplinaire plus fort, au service des artistes émergents. C’est un projet artistique inédit au niveau national grâce à la fusion de l’actuel théâtre avec le Centre de Développement Chorégraphique National venu d’Artigues-Près-Bordeaux. Par ailleurs, le lieu va être partiellement rénové et acquis par la ville pour en pérenniser l’action.
La Glob Théâtre a vu sa subvention augmenter et ses travaux soutenus (négociations également en cours pour pérenniser le lieu). La Boite à jouer, privée de public pour des raisons de sécurité, développe des résidences et une saison nomade pendant qu’un groupe de travail pense à sa future réimplantation.

Le FAB, le 30/30, l’Echappée Belle… sont autant de festivals qui révèlent la vitalité d’un territoire, fruit du travail des Cies tout au long de l’année, avec le soutien de l’OARA notamment.

Mais je sais que dans ce domaine, la situation est plus difficile. Alain Juppé a confié une mission à Richard Coconnier qui rendra ses conclusions en octobre prochain. Nous (les collectivités, l’Etat) devons d’avantage soutenir le spectacle vivant pour que les propositions soient à la hauteur d’une grande Métropole (laquelle devrait y contribuer d’ailleurs).

Outre ce que j’ai déjà écrit sur les lieux d’exposition, les Arts visuels bouillonnent : POLA s’installe au bord du fleuve, le premier Week-end de l’Art Contemporain fédère 35 structures (28.09>01.10), 130 ateliers d’artistes soutenus par la ville (75 en 2014)… et cet été dans l’espace public : 18 sculptures d’A.Gormley, des œuvres de M. de Broin, D. Firman, S. Treister, un nouveau refuge périurbain…et 12 fresques de Street Art.

La ville de Noir Des’, et aujourd’hui d’Odezenne ou JC Satan, compte 4 lieux labélisés Musiques Actuelles et une scène locale vivace, des caves aux plateaux des salles. Relâche, Climax ou Reggae Sun Ska sont devenus incontournables en France. Bientôt, la salle des fêtes du Grand Parc et la grande salle de spectacle complèteront le maillage des équipements. En matière de musique électronique, l’I-Boat et Traffic, pionniers, ont été rejoints par Délicieuse musique, l’Orangeade, Bordeaux Open Air, Hors-Bord…

Chez nous, les bibliothèques sont nombreuses et gratuites, des librairies ouvrent (telle « BD Avenue », la petite dernière) et Mollat fait vivre sa « Station Ausone ». Des auteurs ont fait Bordeaux, d’autres poursuivent activement cette tradition, comme Sophie Avon, Marc Dugain ou bien encore Hervé Le Corre. La BD se développe fortement, dans l’ombre et auprès d’Angoulême.

Fort de ce terreau, il était grand temps de se rassembler. La LGV nous en a donné l’occasion avec la saison « Paysages Bordeaux 2017 », bâtie autour d’AGORA, biennale d’architecture et de design.

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Un moment d’exception, qui s’appuie sur les opérateurs et temps forts du territoire. En 4 mois, une centaine de propositions sont au menu, dans tous les champs artistiques, nourris des talents locaux comme internationaux. La presse en parle, le public est au rendez-vous et surtout, cette dynamique nous aide à grandir.vignette_FAC

Sans les artistes et les 200 associations culturelles aidés par la ville (dont les subventions n’ont pas baissé pour beaucoup), rien de tout cela ne serait possible. Voici pourquoi en 2017, les appels à projets pour la création, l’innovation et la mobilité internationale ont été maintenus à un haut niveau.

Je m’arrête là. Pardonnez à la fois la longueur de mon propos et son manque d’exhaustivité[3] mais il confirme que notre offre culturelle est en expansion et qu’elle ne manque pas d’oxygène.

Si elle venait à en manquer, il est peu probable que nous fassions appel aux lumières de Vincent Feltesse, ex-conseiller d’un Président dont on se souviendra qu’il diminua les crédits de la Culture comme aucun autre avant lui.

Que Vincent Feltesse ne siège pas dans les instances culturelles dont il est membre, c’est une affaire entre lui et sa conscience ; mais qu’il se mêle d’en faire la critique, en truffant d’erreurs son propos, me paraît inconvenant. Alors je préfère le mettre en garde, pour l’avenir : le temps où l’opposition municipale pouvait semer la critique sans craindre de réponse, ou si peu, est révolu. À chaque fois que le propos sera faux, je serai là pour rétablir ce que je crois être plus proche de la vérité, même l’été.

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[1] Cette comparaison entre Bordeaux et les grandes villes françaises se retrouve souvent dans la presse. Libération dernièrement : http://next.liberation.fr/arts/2017/07/28/tourisme-culturel-fais-tourner-le-badaud_1586925

[2] Cet été encore, ils ont déjà accueilli près de 100 000 visiteurs (+ 10% par rapport à l’été dernier) grâce notamment à saison Paysages Bordeaux 2017.

[3] Tout ce que je n’ai pas évoqué ici se trouve dans notre Document d’Orientation Culturelle, composé de 109 actions dont 67 déjà réalisées, en à peine plus de 3 ans.

TV7 – Présentation du Document d’Orientation Culturelle

Nouvelle image (35)Bordeaux est aujourd’hui une des villes identifiées comme remarquable du point de vue de son offre culturelle. Historiquement, du poète Ausone jusqu’à François Mauriac, en passant par Montaigne et Montesquieu, le lien entre Bordeaux et la création artistique est intime.

Premier budget de la ville en 2014 (305 € par habitant), la culture occupe une place remarquable parce qu’elle se trouve au carrefour des développements économique, social, éducatif et citoyen. Elle est un ingrédient indispensable à l’épanouissement de chaque Bordelaise et de chaque Bordelais. La culture participe également pleinement à la création de richesse, à l’attractivité économique et au rayonnement international de Bordeaux.

Le Document d’Orientation Culturelle

Pour autant, les graves crises que la France et le monde traversent depuis quelques années nous obligent à repenser non seulement le devenir de la politique culturelle telle que nous la connaissons, mais aussi à redéfinir quelles sont les priorités et les nouvelles exigences que nous allons devoir co-construire tous ensemble.

Pour relever ce défi, la Ville de Bordeaux souhaite se doter d’un Document d’Orientation Culturelle (DOC) capable de projeter la Ville de Bordeaux à l’aune de ces nouveaux défis.
En amont de l’édition de ce document et afin de contribuer à sa constitution, un débat d’orientation culturelle s’est déroulé lors du Conseil Municipal du 27 octobre 2014.


Présentation du Document d’Orientation… par webtv_fabienrobert

Débat d’Orientation Culturelle : définir des priorités

IMG-20141020-00429La culture occupe une place remarquable en France au sein des politique publiques parce qu’elle se trouve au carrefour des développements économique, social, éducatif et citoyen. Elle est un ingrédient indispensable à l’épanouissement de chaque bordelaise et de chaque bordelais au même titre que d’autres besoins vitaux. Elle participe à l’émergence d’une identité territoriale et du sentiment d’appartenance qui en découle.

Le développement de nouvelles formes d’accès à la culture (particulièrement par le biais des écrans) et l’émergence de nouvelles formes artistiques nous invitent à nous interroger collectivement sur les moyens dont nous disposons pour accompagner les acteurs culturels. L’un des objectifs de la politique culturelle est de faire en sorte que chacun puisse profiter pleinement (de manière quasi-quotidienne et au plus près de chez soi) d’une offre toujours plus riche et créative.

La culture participe également pleinement à la création de richesse, à l’attractivité économique et au rayonnement international d’un territoire. Il suffit pour s’en convaincre d’observer la compétition que se livrent les métropoles européennes dans lesquelles la question culturelle se voit assigner un rôle de tout premier plan. Il convient ici de rappeler que l’économie de la culture a généré, en France, en 2011, un apport à l’économie nationale de près de 105 milliards d’euros, ce qui représente près de 3,5% du PIB et près de 700 000 emplois.

Par ailleurs, le rôle éducatif de la culture est majeur. Elle est un formidable outil pour transmettre la connaissance, démocratiser le savoir et permettre l’ouverture au monde. Elle participe ainsi pleinement à l’égalité des chances.

Pour autant, les graves crises que la France et le monde traversent depuis quelques années nous obligent à repenser non seulement le devenir de la politique culturelle telle que nous la connaissons, mais aussi à redéfinir quelles sont les priorités et les nouvelles exigences que nous allons devoir co-construire tous ensemble. Bordeaux est aujourd’hui une des villes identifiées comme remarquable du point de vue de son offre et de sa politique culturelle (entre la deuxième et la troisième place en France en fonction des classements : L’Express, Le Journal des Arts…). Elle entend le rester.

Dès lors, nous devons collectivement et en dépit des menaces qui pèsent sur nos budgets et des incertitudes qui atteignent le moral des français, travailler à la transformation de notre politique culturelle pour qu’elle réponde mieux encore aux attentes de nos concitoyens, pour qu’elle rayonne davantage et qu’elle suscite l’envie et le désir pour des milliers de touristes et pour ceux qui choisiront de venir vivre à Bordeaux.

La tâche est immense. Pour relever ce défi, la Ville de Bordeaux souhaite se doter d’un Document d’Orientation Culturelle (DOC) capable de projeter la Ville de Bordeaux à l’aune de ces nouveaux défis.

Le DOC est un document de référence qui vise 3 objectifs :
afficher des priorités qui permettront de définir et d’affirmer plus lisiblement les contours de notre politique ;
– faire que notre politique culturelle irrigue encore davantage chacune des politiques publiques qui participent à la construction de la ville de demain ;
– promouvoir et rendre visibles les actions portées par la Ville pour susciter l’adhésion du plus grand nombre.

Le DOC ne sera pas une finalité mais une feuille de route perpétuellement réinterrogée par de nouvelles contributions dans un contexte extrêmement mouvant. Sa mise en œuvre sera organisée dans le temps.

En amont de l’édition de ce Document, et afin de contribuer à sa constitution, le prochain Conseil Municipal sera saisi d’un débat d’orientation culturelle (lundi 27 octobre à 15h, c’est public !) destiné à dresser un état des lieux sur lequel Bordeaux peut s’appuyer (I/ Les fondations) pour faire face aux bouleversements sans précédent que connaît son environnement (II/ Crises et mutations). C’est à partir de cette analyse partagée qu’il est proposé d’échanger sur les orientations et perspectives du mandat (II/ Vers un document d’orientation culturelle).

Consultez le rapport du débat d’orientation culturelle en cliquant ici : DOC

Pique-nique contre pic de pollution

juppe humainA Paris, quand la météo provoque un pic de pollution, le gouvernement décrète la circulation alternée, sous peine de répression. A Bordeaux, Alain Juppé préfère proposer une balade en vélo, ou en trottinette, pour terminer par un pique-nique sur les bords de Garonne. Et beaucoup d’autres ont choisi la balade dominicale de leur propre initiative, au vu de la fréquentation des pistes cyclables et des trams. Gratuits, bien sûr. Comme les VCUB.

Nous sommes donc partis des quartiers (Nansouty en ce qui me concerne, avec ma bande habituelle de complices) sous un soleil timide, pour se retrouver place de la comédie, afin d’y réaliser une photo de groupe unique en son genre : “Juppé” en lettres humaines. Ensuite, en troupeau joyeux et bavard, nous avons rejoint le marché des Chartrons. Une déambulation entre les étals des commerçants, entre amis, nous amène devant le limonaire. Tournant sa manivelle, en costume d’époque, le chanteur nous entraîne en choeur sur les airs d’antan, et lorsque “le petit vin blanc” se termine, et qu’Alain Juppé pose sa pièce, il nous fait la surprise de sortir un écriteau : “Votez Juppé”. Il faudra penser à le réintégrer dans les comptes de campagne…

Plus loin, les deux fronts, celui de Gauche et le National, distribuent des tracts malgré l’interdiction, à quelques mètres les uns des autres. Quand les extrêmes se rejoignent…

Nous, on est venu pique-niquer. À même le sol, sur une couverture, ou aux tables des buvettes, nous sortons nos paniers sur les plaids, entre amis. Il y a l’interdiction de boire sur les quais, mais je suis bien obligé de constater une ou deux infractions.

Le soleil est désormais de la partie et les coupe-vents bientôt hors saison.

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