Un rejet frontal de la théocratie islamiste

Depuis plusieurs années, le courage du peuple iranien n’est plus à démontrer. Depuis l’assassinat de Mahsa Amini en septembre 2022, arrêtée par la police des mœurs pour avoir transgressé l’obligation du port du voile, une contestation profonde et durable s’est installée. Femmes et hommes défient ouvertement la République islamique d’Iran et revendiquent la fin d’un régime fondé sur des dogmes religieux imposés par la force.

Ces mobilisations visent explicitement la remise en cause du caractère islamiste du régime. Le port obligatoire du voile, la ségrégation juridique entre hommes et femmes, la criminalisation des libertés individuelles et la soumission de l’ordre politique à l’autorité religieuse sont au cœur du rejet populaire. Il ne s’agit pas d’un simple mouvement d’humeur, mais bien d’une contestation politique visant à rompre avec un système théocratique autoritaire dirigé par l’ayatollah Ali Khamenei.

Une colère sociale aggravée par une crise économique et inflationniste

Ce soulèvement s’inscrit également dans un contexte économique extrêmement dégradé. Inflation massive, effondrement du pouvoir d’achat, chômage élevé, sanctions internationales et corruption structurelle ont plongé une grande partie de la population dans la précarité. Cette crise économique profonde alimente la colère sociale et accélère la mobilisation.

Mais réduire ces manifestations à une simple protestation contre la vie chère serait une lecture erronée et volontairement réductrice. La crise économique agit comme un catalyseur, non comme la cause première. Le cœur du mouvement reste politique : il s’agit de mettre fin à un régime islamiste qui nie les libertés fondamentales et impose une vision religieuse coercitive à l’ensemble de la société.

L’aveuglement idéologique de certains responsables politiques français

À cet égard, les réactions de certaines forces politiques françaises, notamment de La France insoumise, révèlent un profond malaise. En tentant initialement de présenter ces événements comme de simples manifestations sociales liées à l’inflation ou aux conditions de vie, ce mouvement a minimisé la dimension politique et idéologique du soulèvement.

Cette lecture correspond à leur logiciel idéologique : une vision où toute mobilisation serait exclusivement économique, niant la possibilité qu’un peuple se soulève contre un régime islamiste pour reconquérir ses libertés. Ce refus de nommer clairement la nature théocratique et autoritaire du pouvoir iranien traduit, au minimum, une complaisance idéologique.

Cette posture est cohérente avec une stratégie politique fondée sur la fragmentation, la communautarisation et l’alliance électoraliste avec des courants islamistes. Elle s’oppose frontalement à une conception républicaine fondée sur l’universalité des droits, la laïcité et l’émancipation individuelle.

Face à cela, il faut être clair : soutenir le peuple iranien, c’est soutenir son combat contre un régime islamiste, autoritaire et violent. Et refuser toute ambiguïté politique à ce sujet.

Sources :

VIDEO. Manifestations en Iran : 45 morts dont 8 mineurs, internet coupé, un policier tué… Que se passe-t-il dans le pays depuis 12 jours ? – ladepeche.fr

Manifestations massives à Téhéran après l’appel de l’héritier du chah, coupure totale d’Internet | Euronews

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